samedi 25 juin 2011

Cigarettes, CellulesSouches&BombesAtomiques

From 15 October 2010 StemCells&AtomBombs: Cigarettes, StemCells&AtomBombs



Mauvaise planification ? Manque de coordination ? Défaillance du gouvernement ? Défaillance du secteur privé ?

Le journal Yomiuri Shinbun vient d'annoncer la nouvelle : les stocks du médicament "Champix" sont épuisés au Japon.

Le Champix, de Pfizer Japan, est un médicament à prise orale pour arrêter de fumer, qui bloque la partie du cerveau qui reçoit la nicotine, les fumeurs ayant ainsi du mal à apprécier le goût des cigarettes.

Le gouvernement japonais a eu une occasion fantastique, et l'a laissée filer !

Le 1er octobre, le prix des cigarettes a radicalement augmenté, de 35%. Une énorme augmentation, qui faisait partie des mesures anti-tabac du gouvernement. Elle était censée convaincre les gens d'arrêter de fumer. Mais alors, pourquoi le médicament anti-tabac le plus efficace du marché est-il si difficile à obtenir ?

Le Yomiuri Shibun rapporte que "la demande a de loin dépassé les prévisions de Pfizer". Il cite un médecin de la célèbre Tokyo Medical University, qui s'exprime ainsi : "Je ne m'attendais absolument pas à ce que cette augmentation des prix du tabac, d'environ 100 yen, entraîne une telle hausse de la demande pour ce médicament".

Ma foi, je ne jette pas la pierre à ce médecin, pas plus qu'à Pfizer Japan. Je suis abasourdi de voir qu'ils ont été abasourdis par l'énorme augmentation de la demande pour ce médicament, mais après tout, ça n'est pas leur travail de prendre en considération la santé générale du peuple japonais. Ca, c'est le travail du gouvernement.

Je ne dis pas que le gouvernement n'est pas capable de planifier ce genre de choses, je dis qu'il NE L'A PAS FAIT, et là est le problème.

Il s'agit d'un problème idéologique. En fait, d'un problème idéologique qui perturbe les affaires pratiques de santé publique. Cette idéologie dit que les gouvernements ne doivent pas se mêler des affaires du marché. D'après cette idéologie quasi-religieuse, Pfizer aurait du anticiper la hausse, et naturellement suivre la demande du marché pour maximiser ses profits. Où y a-t-il eu un cafouillage ?

C'est très simple. Pfizer n'a pas augmenté l'approvisionnement de peur qu'il n'y ait pas de demande correspondante. Il ont joué la carte de la sécurité, et peut-être ainsi raté des ventes, mais le plus important, c'est qu'ils n'ont pas risqué de perdre de l'argent en augmentant l'offre d'un bien pour lequel il n'y aurait peut-être pas de demande.

Qu'aurait-il du se passer, alors ?

Le gouvernement aurait du...
... planifier l'augmentation.
... faire un travail d'information du public, à propos de cette manière très facile d'arrêter de fumer.
... étudier la volonté des fumeurs d'arrêter le tabac.
... finalement s'assurer de l'approvisionnement adéquat de ce médicament, pour être

CERTAIN que la demande soit satisfaite. 

Il est facile de comprendre pourquoi les gens sont tellement désabusés, et pensent que cette mesure n'a jamais été dictée par la santé publique mais par une volonté pure et simple de récupérer des impôts.

Cela aurait pu constituer un excellent plan anti-tabac, dans ce pays où plus de 30% des hommes fument, mais au lieu de ça le fabricant du médicament a demandé aux hôpitaux de reporter les prescriptions aux nouveaux patients, puisqu'ils seront incapables de se procurer le médicament avant l'an prochain.

D'ici l'an prochain, le choc causé par l'augmentation des prix sera passé, et cette occasion en or aura été manquée.

Vous remarquerez que les gouvernements ne sont jamais en manque d'uranium pour allumer une bombe atomique. Non, jamais ! Même un Etat en faillite comme la Corée du Nord peut se procurer ce fléau.

Je suppose qu'il est inutile de discuter de la raison pour laquelle il n'existe pas encore de traitement à base de cellules souches pour les lésions de la colonne vertébrale.

lundi 13 juin 2011

Société internationale de la moelle épinière (ISCoS)

Download: Un manefestino rapide (écrit par certains d'entre nous sont atteints de lésions de la moelle épinière) ISCOS présenté à la réunion annuelle à Washington.

Download: Liste des essais cliniques à travers le monde pour les lésions de la moelle épinière-Anglais




Puisque la science est sur le point de trouver un traitement contre la paralysie, nous demandons aux membres de l’ISCoS (Société internationale de la moelle épinière) et de l’ASIA (l’Association américaine des blessures de la moelle épinière) de se concentrer, se réaligner et redoubler leurs efforts pour aider à faire parvenir la science prometteuse aux lits des malades.

Á une époque où l’espoir n’a jamais été aussi important, nous vous rappelons qu’ensemble, il est de notre responsabilité de tenir à jour le statut des initiatives de base, traductionnelles et cliniques aux quatre coins du globe.
En tant qu’avocats de cette cause, nous reconnaissons que les cliniciens sont un important maillon de la chaîne pour traiter la paralysie et demandons à chacun d’entre vous d’éduquer les patients sur les progrès fascinants réalisés dans le domaine de la recherche sur les blessures de la moelle épinière. Ce ne sont pas des faux-espoirs, c’est un fait.
L’état actuel de la science nous incite à travailler ensemble pour amener des traitements prometteurs des laboratoires aux lits des patients. Plus jamais un consultant, un neurologiste ou un neuro-chirurgien ne prononcera les mots
« vous ne remarcherez plus jamais ».
Travaillons ensemble pour éduquer les patients sur ce que la science peut signifier de manière réaliste pour eux et pour les générations futures.
Avec toute notre force, nous soutiendrons ceux d’entre vous qui se joindrons à nous pour parvenir à un traitement. Nous nous efforcerons de trouver un traitement pour les blessures de la moelle épinière avec le même enthousiasme avec lequel vous nous avez soignés.

Maintenant, ensemble nous le pouvons !

samedi 4 juin 2011

Fétichisme et Sommet mondial sur les cellules souches

From 09 October 2010 StemCells&AtomBombs:  Fetishes and the World Stem Cell Summit



Pour beaucoup, les mots "cellules souches" sont synonymes de "cellules souches EMBRYONNAIRES" (cellules souches dérivées d'embryons).

Est-ce vrai ? Les gens s'imaginent-ils des choses ?

Eh bien ça n'est pas vrai, et les gens ne se le sont pas imaginé. Cela vient de nos amis des médias. Je ne cherche pas à insinuer qu'ils sont contrôlés par des libéraux ou des conservateurs, des démocrates ou des républicains, des gens de gauche ou de droite, qui essaient de déformer cette histoire comme cela les arrange, mais voyons les choses en face : les médias font du commerce, ils vendent des nouvelles, et plus elles sont sujettes à controverse, plus il est facile de les vendre. De là vient cette focalisation sur les cellules souches embryonnaires.

C'est chaud. Utiliser des embryons abandonnés pour guérir les maladies chroniques.
C'est polémique. Utiliser des embryons qui doivent être détruits une fois que les cellules souches ont été extraites.

Les gens sont divisés. Les opposants campent fermement sur leurs positions. C'est ça qui fait vendre les nouvelles, et c'est ça qui se retrouve dans les reportages. Savez-vous combien de fois j'ai vu un reportage ou lu un article à propos des cellules souches adultes (donc des cellules souches venant des patients eux-mêmes), qui parle de la polémique autour des cellules souches EMBRYONNAIRES alors que ça n'a aucun rapport avec le sujet de l'article ou du reportage... Je me souviens d'un reportage à propos des essais cliniques de TCA Cellular Therapeutics pour le traitement des lésions de la colonne avec des cellules souches de moelle épinière ; à la fin, le journaliste présentait un sondage, demandant aux gens s'ils étaient pour ou contre les cellules souches embryonnaires. Il ne s'agit pas seulement de mauvais journalisme, c'est un lamentable sensationnalisme, qui fait des cellules souches un sujet de débat moral en laissant de côté les bénéfices que tous pourraient retirer des recherches.

Aux Etats-Unis, là où le débat autour des recherches sur les cellules souches embryonnaires SEMBLE être le plus divisé, là où les tribunaux ont récemment bloqué les subventions gouvernementales pour ces mêmes recherches, on pourrait penser que la société est profondément divisée. Mais non, même ça, ça n'est pas vrai. Un sondage Angus Reid de 2007 montre que deux tiers des Américains sont en faveur des recherches sur les cellules souches embryonnaires, et un sondage de 2009, que seuls environ 20% des Américains sont opposés à toute forme de recherche impliquant des embryons. Le seul endroit où le débat est plein de discorde, c'est à la télévision et dans les journaux ; la plupart des gens, eux, veulent voir toutes les possibilités examinées.

Pensez d'abord à tous les reportages à propos des cellules souches embryonnaires, puis réfléchissez au fait qu'il n'y a eu pratiquement AUCUNE couverture médiatique du World Stem Cell Summit (Sommet mondial sur les cellules souches) qui s'est tenu à Detroit, du 4 au 6 octobre 2010. S'il s'était agi d'un sommet sur les cellules souches EMBRYONNAIRES, je parie que toute la presse aurait été là. Mais puisque seulement quelques-uns des 150 intervenants parlaient des cellules souches embryonnaires, la presse ne s'est pas déplacée à cette vitrine mondiale des thérapies à base de cellules souches.

Nous y sommes donc ; les gens ne se sont pas imaginé que les recherches sur les cellules souches étaient synonymes d'EMBRYONS, on le leur a mis dans la tête.

Si les opposants à la recherche sur les cellules souches embryonnaires utilisaient plus d'énergie à travailler sur d'autres traitements à base de cellules souches, au lieu de vendre des demi-vérités aux médias, au moins cela conduirait à quelque chose de positif. Assez curieusement, malgré toute son opposition à la recherche sur les cellules souches embryonnaires, le Vatican fait quelque chose de positif et finance des recherches sur les cellules souches adultes. Ils ne se limitent pas à condamner les recherches dans leur ensemble, ils soutiennent leurs opinions avec de l'argent (2,7 millions de dollars) et financent des recherches à l'université du Maryland.

J'espère qu'un jour, nous pourrons voir : et d'une, plus d'honnêteté dans les médias à propos de la recherche sur les cellules souches, et de deux, plus d'actions pour la recherche sur les cellules souches adultes de la part des opposants à la recherche sur les cellules souches embryonnaires.

Et dire que je pensais que la bombe atomique était parfaite

From 30 September 2010 StemCells&AtomBombs: And I thought the atom bomb was perfect

Juste quand je pensais que la fabrication de la bombe atomique était l'exemple parfait de ce qui peut être fait avec le soutien complet du gouvernement, sa coordination et son financement, je réalise que je n'avais que la moitié de l'histoire.

Oui, j'avais raison lorsque j'expliquais que l'utilisation de toute la force de l'état avait permis de construire rapidement la bombe atomique, mais à quoi peut servir un appareil nucléaire si on ne peut pas faire exploser les gens avec ? Ce serait comme disposer d'un traitement à base de cellules souches pour la cécité mais ne pas l'utiliser pour soigner les aveugles (cliquez ici pour plus d'informations).

Non, l'histoire après que la bombe a été construite montre de manière encore plus évidente comment le gouvernement a joué un rôle encore plus central dans le renforcement du pouvoir destructeur de la bombe et dans l'assurance que la bombe serait utilisée afin de causer le plus de victimes possible.

Tout d'abord, ils ont voulu augmenter la force de la bombe atomique en elle-même et c'est pour cela qu'ils ont fait la nouvelle bombe A améliorée : la bombe thermonucléaire. La première bombe atomique lancée sur Hiroshima n'était que de 12,5 kilotonnes (note : kilotonnes ne se réfère pas au poids de la bombe mais à son équivalence en TNT. Par conséquent, cette bombe lancée sur Hiroshima équivalait à lancer 12,5 kilotonnes de TNT). La bombe thermonucléaire, fabriquée peu de temps après la bombe atomique, a rendu la valeur de KILOTONNE obsolète. La bombe thermonucléaire a élevé la mesure à la MÉGAtonne.

Mais, encore une fois, à quoi peuvent servir quelques mégatonnes si on ne peut pas les utiliser ?

Alors, dans les années 50, les américains et les soviétiques se sont activés pour voir qui pourrait bomber le mieux son ennemi. Ils ont construit des bombardiers de grande portée et une large gamme d'armes nucléaires tactiques, y compris des obus d'artillerie attachés au nucléaire, des missiles de courte portée et même des mines individuelles. En fin de compte, les missiles balistiques intercontinentaux des années 60 ont permis à chacune des superpuissances d'utiliser des armes nucléaires avec peu d'avertissement.

Des milliers de bombes atomiques et thermonucléaires. Et alors !
Les moyens de déployer ces armes. Et alors !

Ce qu'il fallait ensuite c'était un plan efficace pour tuer avec.

C'est pour cela que, dans les années 1960, dans les derniers mois de sa présidence, le président de l'époque, Eisenhower, a conçu SIOP (Single Integrated Operational Plan) en accord avec les militaires.

Jusque-là, chaque branche de l'appareil militaire (l'armée, la marine et l'aviation) construisait ses propres armes nucléaires avec ses propres plans de guerre. Eisenhower l'a bien vu. On ne peut pas laisser tout le monde courir bon gré mal gré avec des armes nucléaires, cela ne servait à rien. Il fallait un plan d'attaque COORDONNÉ. C'est exactement ce que SIOP a fait.

Quelques exemples.

Si les soviétiques avaient attaqué les États-Unis ou l'Europe occidentale, les États-Unis auraient alors lancé TOUTES leurs armes nucléaires contre l'Union Soviétique, l'Europe de l'est et la Chine communiste. SIOP allait même plus loin en prédéterminant quelles armes et combien seraient lancées sur chaque cible. Mille quatre cent cinquante-neuf bombes, un total de 2 164 mégatonnes, face à 654 cibles faisant 175 millions de victimes.

Selon ce plan, une ville russe de la taille d'Hiroshima recevrait trois bombes : une bombe de 4,5 mégatonnes et deux de 1,1 mégatonne, juste au cas où la première raterait. Plus de 600 fois la puissance explosive de la misérable bombe de 12,5 kilotonnes lancée sur Hiroshima. Un article du 27 septembre 2010 paru dans le Time magazine disait à ce sujet : "les calculs intégrés dans ce plan faisaient peur car ils avaient pour conséquence de terribles exterminations."

L'Albanie, un petit pays qui était alors en train de s'émanciper du bloc soviétique, justifiait l'utilisation d'une bombe de PLUSIEURS mégatonnes simplement parce qu'elle avait un large radar de défense aérienne. Tout en expliquant le plan albanien à la nouvelle administration Kennedy, un général a dit au nouveau Secrétaire de la défense, Robert McNamara : "M. le Secrétaire, j'espère que vous n'avez pas d'amis ni de relations en Albanie, parce que nous allons devoir simplement l'effacer !"

En voilà un plan ! L'appareil, les moyens pour l'utiliser et un plan pour ce faire.

samedi 21 mai 2011

Démocratie et maladie

From 19 September 2010 StemCells&AtomBombs: 



Enfin, je suis de retour chez moi. C'est génial de revenir vivre avec ma femme et mes enfants. Je dois admettre que d'abord, j'étais un peu nerveux mais les choses semblent aller plutôt bien. 

La solitude de l'hôpital m'a probablement aidé un peu à écrire mais je suis déterminé à continuer à tenir ce blog maintenant que je suis à la maison. Il sera peut-être plus difficile d'écrire avec mes enfants courant partout dans la maison mais j'espère que cette nouvelle normalité rendra meilleures les histoires que vous lisez dans ce blog. 

Merci pour tous vos gentils mots à ma sortie d'hôpital. Je vous souhaite à tous la santé et le bonheur. 

Commençons.

Nous nous offusquons tous à juste titre lorsque nous entendons que des personnes, en particulier des enfants, meurent de maladies dont la prévention et le traitement sont possibles dans les pays du tiers monde. Les maladies, comme la rougeole, la diarrhée et la pneumonie qui ne tuent pas nos propres enfants dans les nations développées et la malaria, qui n'inquiète même pas la plupart d'entre nous, tuent onze millions d'enfants par an. 

La plupart de ces morts sont concentrées dans une poignée de pays. Seulement six pays constituent la moitié des morts d'enfants âgés de moins de cinq ans dans le monde et 42 pays représentent 90 pour cent des décès.  L'Inde, le Nigeria, la Chine, le Pakistan, la République démocratique du Congo et l'Éthiopie recensent à eux-seuls 5,5 millions de morts infantiles par an. En tout, environ 41 pour cent des morts infantiles ont lieu en Afrique sub-saharienne et 34 pour cent en Asie du sud.

Les décès dus à ces maladies ne sont pas un problème scientifique ou financier. La science existe pour enrayer ces maladies et même les pays les plus pauvres pourraient gérer l'aspect financier s'ils devaient expliquer à leurs propres citoyens comment et pour quoi leur argent est utilisé. Pour le dire simplement, ces victimes sont le résultat d'un manque de démocratie dans ces pays. Sur les six pays mentionnés dans le paragraphe ci-dessus, aucun n'est considéré comme une vraie démocratie selon l'index de démocratie des unités d'intelligence de l'Economist.

Qu'est-ce-que je veux dire par un manque de démocratie ? 
Pour les gouvernements de ces nations, cela importe peu que leurs citoyens meurent, la vie des plus pauvres ne vaut pas grand-chose ET parce que leurs propres citoyens ne sont pas en mesure, à cause de la nature autoritaire des régimes de leur pays ou à cause de la pauvreté dont ils souffrent, de changer la situation. Ce n'est pas une sorte de théorie prétentieuse de démocratie, c'est la réalité.

Que se passerait-il au Canada ou au Royaume-Uni si des enfants mourraient de diarrhée ? Les parents laisseraient-ils faire ? Non, et ils seraient en mesure de forcer la main de leur gouvernement. Les parents vivant dans des pays autoritaires n'ont pas le choix. Ils ne peuvent pas obliger le gouvernement à agir. Vous le pouvez ! 

Alors qu'est-ce-que cela a à voir avec les cellules souches et les blessures de la moelle osseuse, ou les cellules souches et la sclérose en plaques, ou les cellules souches et la cécité ? C'est la même chose : une simple question de démocratie. 

Comment puis-je dire cela ? 
Facile.

Il n'existe aucune barrière financière ou scientifique réelle aux traitements par cellules souches. Bien sûr, il faudrait peut-être apporter quelques ajustements mais ils sont là, ou au moins très très près. Certains progrès ont été faits dans la recherche sur les cellules souches mais encore davantage ont été réalisés en ce qui concerne les cellules souches adultes. Cependant, aussi longtemps que le débat restera centré sur la différence parmi ces deux sortes de cellules souches, les gens normaux seront éloignés de la discussion. Non parce que la plupart des gens ont un problème avec une sorte de cellules souches par rapport à l'autre, mais parce que les arguments paraissent trop techniques et scientifiques aux gens normaux pour qu'ils se sentent concernés. 

Notre objectif doit être de faire passer le débat sur les cellules souches d'une question scientifique à une question démocratique.

Contrairement à celles des pays qui n'ont pas de réelle démocratie, les populations des démocraties les plus puissantes n'ont pas besoin de taire leurs désirs de voir se poursuivre la recherche sur les cellules souches et les traitements par cellules souches. Personne ne viendra vous enlever la nuit pour avoir parler. Le traitement est simplement là où est votre voix, mais si vous ne l'élevez pas, le traitement n'atteindra pas les gens et restera bloqué sur les rats et les singes.

Alors suis-je égoïste de demander un traitement pour des maladies chroniques quand la diarrhée tue encore des enfants en Afrique et en Asie du sud-est ? Non, parce que l'un n'a rien à voir avec l'autre. Les salaires élevés des pays occidentaux ne baissent pas les salaires dans les pays pauvres, le fait que vous ayez une télé haute définition n'empêche pas un enfant pauvre d'aller à l'école, et les traitements par cellules souches n'empêchent pas un traitement pour éviter les décès dus à la diarrhée.

En fait, exiger que la médecine et la science s'ouvrent aux opinions des gens normaux permettra non seulement d'obtenir des traitements par cellules souches mais, si nous nous concentrons correctement sur le mouvement, de s'assurer que les populations des pays pauvres soient en mesure de combattre leurs propres régimes non-démocratiques et d'exiger de réels changements pour leur santé et leurs situations financières.

Lorsque vous pensez que je suis fou de faire de telles exigences pour un traitement, et lorsque vous pensez que je suis fou de croire qu'une telle exigence peut être atteinte, souvenez-vous de la ligne de l'huile de Lorenzo que j'ai mentionné il y a deux posts.
"Vous vous souvenez du projet Manhattan ? Vingt-huit mois. Cela leur a pris vingt-huit mois. Alors, si les scientifiques peuvent se réunir pour construire la bombe atomique...de toute évidence..."

Si un pays comme la Corée du Nord, où les gens meurent de faim, peut construire un appareil atomique, c'est bien la preuve que l'argent n'est pas une barrière à la science. En Corée du Nord, les gens n'ont pas le droit d'élever leur voix et d'exiger que l'argent soit partagé afin de répondre aux besoins de la population, mais dans les pays où la plupart d'entre vous est en train de lire ce blog, vous avez ce droit. Ne le gâchez pas.

Les traitements par cellules souches sont à portée de main si vous le voulez. Ce sur quoi Ce sur quoi nous devons nous concentrer maintenant est comment élever nos voix ensemble.

Pour vous tous à M. Hôpital ! Lancement de la version japonaise

From 15 September 2010 StemCells&AtomBombs: Dedicated to all of you at M.Hospital! Japanese version launched

Version japonaise disponible sur www.kansaibo-genbaku.blogspot.com

Ce jour (16 septembre 2010) marque le lancement de la version japonaise StemCells&AtomBombs 【幹細胞&原爆】 sur http://www.kansaibo-genbaku.blogspot.com/ et sont en projet les versions russe, italienne, française, chinoise, allemande et roumaine.

Comme il s'agit de mon dernier jour à l'hôpital, je trouve qu'il est approprié de consacrer mon nouveau blog à tous les gens à M. Hôpital qui m'ont aidé cette année.

A vous tous ici à M. Hôpital, j'aimerais vous dire merci du fond de mon cœur. J'aurais voulu vous le dire directement mais si j'avais essayé, les larmes auraient empêché les mots de sortir et vous n'auriez jamais entendu mes remerciements.

Je sais que j'ai parlé de cellules souches avec plusieurs d'entre vous durant mon séjour à l'hôpital. J'espère que vous aurez le temps de lire ce blog. Il sera régulièrement mis à jour et j'adorerais savoir que vous lisez mes mots afin de pouvoir continuer notre conversation. S'inscrire pour recevoir les mises à jour du site est un moyen sûr pour que nous restions toujours en contact.


Faites passer le message dans toutes les langues que vous connaissez.
Rappelons-nous que tout le monde ne parle pas anglais. Parlez-vous une autre langue ? Aimeriez-vous devenir traducteur bénévole pour StemCells&AtomBombs ? Envoyez-moi un email. C'est comme cela que ça marche : des gens aidant d'autres gens.

jeudi 5 mai 2011

Le G20, Martin Luther King, et Invivo Therapeutics

From 10 September 2010 StemCells&AtomBombs:The G20, Martin Luther King, and Invivo Therapeutics

Martin Luther King Jr.
Lorsque nous nous intéressons à l'homme moderne, nous devons reconnaître qu'il souffre d'une forme de pauvreté spirituelle, en contraste flagrant avec sa prospérité scientifique et technologique. Nous avons appris à voler dans les airs comme des oiseaux, nous avons appris à nager dans les océans comme des poissons, et pourtant nous n'avons pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs.

Il me semble que Martin Luther King a résumé mon article tout entier en cinq lignes pleines d'éloquence, alors qu'il me faut à moi 300 lignes pour transmettre la même idée.

Tout d'abord, la première partie, à propos de l'abondance scientifique et technologique.
  • Geron Corporation va débuter des essais sur l'homme, pour le traitement des lésions de la colonne vertébrale à base de cellules souches embryonnaires.
  • TCA Cellular Therapy a reçu le feu vert pour des essais sur l'homme, dans le traitement des lésions de la colonne vertébrale à base de cellules souches adultes, et a déjà commencé.
  • Les essais sur l'homme de traitement de la maladie de Charcot, à base de cellules souches neuronales, débutent.
  • Les aveugles se voient redonner la vue grâce aux cellules souches, en Italie et en Australie.
  • Cellules souches et sclérose en plaques.
  • Cellules souches et maladies cardiaques.
  • Cellules souches et... etc.
Vous pouvez trouver des informations sur toutes ces thérapies, ces essais, par une simple recherche "nom de la maladie+cellules souches".

La liste des maladies qui pourraient être traitées grâce à des cellules souches s'allonge chaque jour. La thérapie dont j'aimerais parler aujourd'hui concerne les lésions de la colonne vertébrale, et émane d'une société appelée Invivo Therapeutics (qui pense que les cellules souches ne sont pas nécessaires pour guérir les lésions de la colonne, mais qui a cependant effectué des tests), fondée par l'entrepreneur médical Frank Reynolds.

Avant de poursuivre, je tiens à dissiper toute équivoque et à dire que rien ne me ferait plus plaisir que le succès de cette thérapie ; et que si M.Reynolds m'appelait et me demandait de participer à l'un des tests sur l'homme prévus pour l'an prochain, je sauterais sur l'occasion (pas au sens propre : je ne peux pas). Veuillez bien comprendre que toute critique que je formule ne vise en aucun cas M.Reynolds ou sa société.

Je ne rentrerai pas dans les détails scientifiques, vous pourrez les trouver par vous-même. Je tiens par contre à souligner deux points vraiment remarquables à propos de cette thérapie. Première chose, c'est le première thérapie pour les lésions de la colonne à être essayée sur un singe, et elle fonctionne. Deuxième chose, ils vont mettre cette thérapie sur le marché pour un coût de seulement 12 milliards de dollars.

NON, NON ! PARDON ! Pas 12 milliards, 12 MILLIONS de dollars. Ce qui, selon M.Reynolds, "constitue un événement véritablement peu commun dans la communauté médicale actuelle". D'après Invivo Therapeutics, cet investissement pourrait rapporter 1 milliard de dollars, si les essais sur l'homme sont couronnés de succès.

Penchons-nous maintenant sur la partie "pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs".

Pourquoi M.Reynolds et son équipe, qu'il décrit comme étant constituée surtout d'étudiants de 3e cycle, ont-ils pu aboutir à un résultat d'une telle amplitude pour une bouchée de pain, alors qu'aucun gouvernement n'y est arrivé ?

Est-ce parce que les gouvernements ne savent pas faire preuve d'innovation ?
Ma foi, regardez plutôt le cas de la bombe atomique.

Est-ce parce que le traitement est trop cher à développer ?

Mais M.Reynolds a prouvé que cela pouvait être fait pour une somme raisonnable. De plus, les gouvernements subventionnent déjà de nombreux travaux, même si dans beaucoup de cas, ils ne font que subventionner les profits à venir de sociétés privées. Enfin, la prise en charge des individus atteints de lésions de la colonne coûte aussi beaucoup d'argent, bien plus qu'un traitement de ces lésions (voir à la fin de l'article pour plus d'informations).

La réponse est simplement que, comme le disait Martin Luther King, "nous n'avons pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs". Les gouvernements ne remplissent pas leur devoir envers leurs citoyens, celui de faire des besoins du peuple leur priorité. Les gouvernements, pour des raisons idéologiques et non pas factuelles, laisseront souffrir leurs propres citoyens, plutôt que d'admettre que l'entreprise privée ne peut pas résoudre tous les problèmes.

Cet échec nous coûte cher aujourd'hui, et nous coûtera encore plus cher à l'avenir. Au final, cela rendra le traitement encore plus coûteux, et bien plus important encore, cela éloigne d'autant l'instant où le traitement sera disponible pour les patients : puisque les sociétés privées se battent pour toucher le magot, elles ne mettent pas en commun données et connaissances qui pourraient accélérer les choses.

Pour les malades, cet échec coûte bien plus que de l'argent.

Les lésions de la colonne, et toutes les autres maladies qui pourront être guéries à l'avenir, ne le seront pas par une thérapie unique. Il s'agira d'une combinaison de différentes thérapies, et cela signifie que c'est la coopération, et non la compétition, qui hâtera l'arrivée des traitements. Or les sociétés privées n'iront pas dans ce sens. Elles sont tenues par leurs investisseurs de faire des profits (et cela est tout à fait justifié). En outre, cela signifie qu'une erreur pourrait également pousser les investisseurs à se retirer, laissant des recherches sans lendemain. L'autorité nécessaire au traitement des maladies par la coopération, ou comme M.King le disait "en vivant sur la Terre comme des frères et des soeurs", ne peut venir que des gouvernements, c'est-à-dire, au final, nous.

Si les dirigeants mondiaux ne manifestent pas la volonté d'avancer main dans la main avec leurs citoyens, alors c'est à nous de mettre en oeuvre notre force collective, pour les y amener qu'ils en aient envie ou non.

Il y a quelques temps, je disais dans un article que j'allais fournir une façon alternative et efficace de financer, d'administrer et d'organiser la recherche sur les cellules souches. C'est un objectif sur lequel vous et moi, comme des frères et des soeurs, pourriont travailler ensemble.


1. Les pays du G20 mettent en place un fonds, basé sur leur PIB, de 29 milliards de dollars (somme égale au coût de la bombe atomique), ainsi qu'un secrétariat du G20 pour la recherche médicale.
2. Ce fonds pourrait être utilisé pour financer toutes les recherches qui ont lieu dans les universités, et dans les sociétés privées qui acceptent de coopérer totalement au partage des données et à une possession collective des brevets.
3. Les scientifiques devront pouvoir échanger de façon régulière, afin que le partage ait bien lieu qui nous mènera aux traitements.

Eh bien, le G20 a une nouvelle réunion l'an prochain. J'ai/nous avons donc beaucoup de travail d'ici là.

Je saute du coq à l'âne, mais je vous conseille de regarder le film Lorenzo, avec Susan Sarandon et Nick Nolte. J'ai découvert ce film en me documentant à propos de Frank Reynolds, qui disait l'avoir regardé quand il était lui-même paralysé et y avoir trouvé l'inspiration pour chercher un traitement.

Il s'agit d'une histoire vraie, celle du père et de la mère d'un petit garçon atteint d'une maladie appelée ALD. A l'époque, il n'existait aucun moyen d'arrêter la dégénérescence due à l'ALD ; les parents décidèrent alors de chercher eux-mêmes un remède, et le trouvèrent. Il était trop tard pour leur propre fils, car la myéline, qui isole les nerfs du système nerveux central et leur permet de transmettre des impulsions, était déjà endommagée. Ils décidèrent donc de chercher un moyen de remiélynisation des nerfs.

A mon sens, le moment le plus parlant du film est tout à fait à la fin (3:12), quand le père du garçon discute avec un chercheur. Celui-ci explique au père la lenteur de la science, le fait que les scientifiques n'aiment pas collaborer. Nick Nolte, le père, lui répond :

"Ca n'est pas toujours comme ça, vous vous souvenez du Projet Manhattan ? Vingt-huit mois. Ca leur a pris vingt-huit mois. Alors, si les scientifiques sont capables de se mettre ensemble pour construire la bombe atomique... Ils sont certainement capables de le faire pour remyéliniser quelques petits chiens ?" (les tests à l'époque devaient être menés sur des chiens)

D'après le Centre de Statistiques sur les lésions de la colonne vertébrale de l'Université d'Alabama, mars 2002 (tiré de SCI-INFO-PAGES)

Coûts des lésions de la colonne aux Etats-Unis
  • durée d'hospitalisation initiale après la lésion, en soins intensifs : 15 jours
  • durée moyenne de séjour en rééducation : 44 jours
  • coûts initiaux d'hospitalisation suite à la lésion : 140 000$
  • dépenses moyennes dans la 1e année suite à une lésion de la colonne : 198 000$
  • dépenses dans la 1e année pour les paraplégiques : 152 000$
  • dépenses dans la 1e année pour les quadriplégiques : 417 000$
  • coûts moyens pour la vie, pour les paraplégiques, lésion à 25 ans : 428 000$
  • coûts moyens pour la vie, pour les quadriplégiques, lésion à 25 ans : 1,35 million de $
  • pourcentage d'individus victimes de lésions de la colonne sans emploi huit ans après la lésion : 63% (NB : à l'écriture de cet article, le taux de chômage général était de 4,7%)