dimanche 6 novembre 2011

La thérapie de libération devient guerre de libération

From 14 May 2011 StemCells&AtomBombs: Liberation Treatment becomes Liberation War


Aujourd'hui, je n'ai pas grand-chose à dire : les dépêches parlent d'elles-mêmes.
Un traitement révolutionnaire pour la sclérose en plaques, simple et affichant des résultats positifs très clairs.
Les demandes des patients, qui réclament un accès au traitement, face aux demandes des autorités médicales, qui réclament elles plus de données.
Et ma foi, je ne vais pas m'élever contre le besoin de données plus poussées, de tests cliniques en bonne et due forme ; mais combien de temps les gens devront-ils attendre afin d'être soulagés de cette maladie chronique et dégénérative ?
Vous allez me dire : pas si vite. Qu'il s'agit d'une idée nouvelle, et qu'elle demandera des années d'essais. Que nous ne devons pas mettre en péril la vie des individus en se précipitant sur quelque chose qui vient d'apparaître.
Et je vous répondrai avec la véritable nouvelle de cette histoire : derrière toutes ces belles perspectives se cache une information tout à fait déprimante. Ce qui est triste à propos de cette nouvelle, c'est que justement, elle n'a rien de nouveau.
On a beaucoup entendu parler du Dr Zamboni, basé en Italie, et de ses travaux révolutionnaires pour une “nouvelle” thérapie de la sclérose en plaques, par le traitement de l'nsuffisance veineuse céphalorachidienne chronique (ou IVCC) par angioplastie. Cependant, quelques noms manquent a l'appel.
Celui du professeur Eduard von Rindfleisch, qui avança en 1863 que la sclérose en plaques pouvait avoir une cause vasculaire.
Celui du docteur Tracy Jackson Putnam, qui avança également, dans les années 30, que la sclérose en plaques pouvait avoir une cause vasculaire, et celui du docteur Franz Schelling.
En 1973, le Dr. Schelling commença à étudier les causes et conséquences des énormes différences individuelles que l'on trouve au niveau de la largeur des terminaisons veineuses dans le crâne humain. Les résultats de cette étude parurent, en 1978, dans l'organe officiel des sociétés d'anatomie en langue allemande, le "Anatomischer Anzeiger".
La découverte que fit Schelling en 1981 à l'hôpital des maladies nerveuses de Salzburg (à savoir un élargissement spectaculaire des principaux conduits veineux dans le crâne des victimes de la sclérose en plaques) allait occuper ses pensées au cours des décennies qui suivirent. Au fur et à mesure, en assemblant toutes les observations concernant l'implication du systeme veineux dans l'émergence des lésions spécifiques, et en particulier cérébrales, de la sclérose en plaques, il parvint à en reconnaître les causes.
La découverte faite en 1981 a aujourd'hui plus de trente ans, mais n'avait jamais ete examinée plus attentivement jusqu'à ce que Paolo Zamboni s'y intéresse en 2002, et fasse le lien entre ses propres travaux considérant la sclérose en plaques comme étant un probleme vasculaire, et les études de fond menées pendant des années par le Dr Schelling. 
Le Dr Schelling raconte qu'il a pris contact avec des hôpitaux, des neurochirurgiens, des organismes spécialisés dans la sclérose en plaques, et que jamais on ne lui a permis de mener ses recherches. Tous lui ont répondu la même chose : la sclérose en plaques est un trouble immunitaire, pas un trouble vasculaire. Il conclut : "Jamais je n'aurais cru qu'autant de médecins accordent si peu d'intérêt au travail scientifique sérieux, et aux raisonnements clairs et logiques".
Si les recherches avaient ete effectuées lorsque la théorie est apparue pour la première fois, il aurait été possible de sauver des millions de patients souffrant de sclérose en plaques, dont ma propre tante, qui en est atteinte depuis environ trente ans.
Dans la communauté des lésions de la colonne, nous devons nous aussi surveiller le monde médical d'un oeil critique, et commencer à nous organiser dès maintenant en vue de notre Guerre de Libération, afin de ne pas devoir attendre un siècle que les choses bougent. La communauté de la sclérose en plaques nous a montré très clairement que nos voix peuvent avoir un impact.

Regardez le reportage CTV news : The Liberation War (la Guerre de Libération).
Lisez toute l'histoire dans le Globe & Mail: les patients montrent leur détermination dans la “guerre” à propos du traitement de la sclérose en plaques 

PS : on me dit souvent que je cède un peu trop au sensationalisme... Je précède donc les réactions au titre d'aujourd'hui en l'attribuant a CTV news : il leur appartient.

Translator - Olivier Parrot

mercredi 12 octobre 2011

Un ou deux click pour guérir la paralysie

La Loi sur la promotion de la médecine regénérative de 2011
La médecine regénérative va transformer la façon dont les médicaments sont développés et produits de même que la façon dont les soins de santé seront prodigués. Elle représente un nouveau paradigme en soins de santé qui comblera des besoins médicaux qui présentement ne le sont pas en se concentrant sur les causes premières de la maladie. Longtemps considérée comme une vision futuriste de la médecine, la médecine regénérative est maintenant à notre portée. La médecine regénérative est une branche interdisciplinaire des soins de santé qui évolue rapidement et qui transforme les connaissances fondamentales de la biologie, la chimie et la physique en matériaux, instruments, systèmes et stratégies thérapeutiques, incluant des thérapies basées sur les cellules qui font croître, réparent, remplace ou régénère des organes ou des tissus. Le potentiel est excitant tant du point de vue médical que de la création d'un nouveau segment commercial global. Les implications en terme de coûts et de fardeau de soins pour des conditions chroniques font de la médecine regénérative le choix du futur. 
Unite2FightParalysis demande votre support pour la Loi sur la promotion de la médecine regénérative de 2011 (The Regenerative Medicine Promotion Act of 2011).

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Un projet de loi très important. La Loi sur la promotion de la médecine regénérative de 2011 (The Regenerative Medicine Promotion Act of 2011) (cliquer ici pour plus d'information sur ce projet de loi) a été introduite à la Chambre des Représentants des États-Unis et le but est maintenant qu'il soit aussi introduit au Sénat Américain. Souvenez-vous, la médecine regénérative est ce qui permettra aux gens de délaisser leur fauteuil roulant pour marcher à nouveau!

Pour ce faire, le projet de loi doit obtenir les appuis nécessaires à son introduction. Ce projet de loi a déjà obtenu l'appui de la sénatrice démocrate Barbara Boxer, mais nous avons aussi besoin de l'appui d'un sénateur républicain sinon le projet n'ira nulle part.

Pour y arriver, Unite2Fight Paralysis (une organisation populaire vouée à la découverte d'un traitement de la paralysie - voir www.U2FP.org) est à l'origine d'une rencontre de lobbying face à face qui se tiendra à Washington le 18 octobre dans le cadre de leur conférence intitulée Working2Walk.

Nous ne pouvons tous être présents pour supporter leurs efforts, mais vous pouvez aussi aider à convaincre des sénateurs républicains à donner leur appui à ce projet de loi en envoyant le courriel ci-dessous afin de les laisser savoir que des personnes tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des États-Unis comptent sur le leadership de ce pays en ce domaine très important, celui de trouver un traitement pour la paralysie et une multitude d'autres conditions médicales.

La campagne est terminée

L'Honorable Mark Kirk (Illinois)
L'Honorable Scott Brown (Massachusetts)
L'Honorable Susan Collins (Maine)
L'Honorable Olympia Snowe (Maine)

dimanche 9 octobre 2011

Questions et réponses avec la Fondation Rick Hansen

Question 1
S’il vous plait, répondre à cette importante question.


À :    Monsieur Art Reitmayer, CEO, Fondation Rick Hansen (FRH)


Cc :    
M. Rick Hansen, Co-président du Conseil d’administration (FRH)          
M. Lyall Knott, Co-président du Conseil d’administration (FRH)            

M. Jim Watson, Secrétaire du Conseil d’administration (FRH)            

M. George Gaffney, Trésorier du Conseil d’administration (FRH)            



Membres du Conseil d’administration (FRH) :
M. Matthew Bosrock
, Mme Sally Douglas, 
M. Perry Goldsmith, Mme Amanda Hansen, 
M. Jonathan Kallner
, M. Tod Leiweke, Mme Sue Paish, M. Peter Ufford, Mme Christine Day
.          


M. Bill Barrable, CEO, Institut Rick Hansen          
Dr. Tom Oxland, Directeur par intérim, ICORD


En ce 25ième anniversaire du périple héroïque entrepris par Rick pour trouver un traitement curatif aux blessures médullaires, je tiens à vous féliciter pour votre nomination à titre de président de la Fondation Rick Hansen (FRH). Si Rick croyait déjà il y a vingt-cinq ans qu’un traitement curatif était possible, la FRH devrait aujourd’hui considérer un tel traitement comme inévitable à la lumière des progrès récents.


En tant que personne concernée par les blessures médullaires, je crois que la nomination du nouveau président à ce moment crucial devrait permettre à la FRH d’accélérer ses démarches afin d’obtenir un tel traitement curatif. Nous savons aussi qu’un traitement ne peut être développé qu’à partir d’espoir seulement mais que des travaux acharnés, de la persévérance et le support de la science sont aussi nécessaires.


Cependant, je m’inquiète en remarquant que la FRH semble avoir perdu cet objectif primordial de trouver un traitement curatif. Mes inquiétudes sont suscitées par l’information publiée sur les sites internet de l’Institut Rick Hansen et de ICORD, tous deux subventionnés par la FRH. En regardant cette information, je remarque que la régénération du système nerveux central (SNC) n’est pas une priorité ni pour l’un ou l’autre de ces groupes.


Ainsi, j’aimerais connaître le pourcentage des fonds alloués par la FRH qui sont dépensés pour la recherche sur la régénération du SNC et un traitement curatif des blessures médullaires.


Je suis conscient de l’importance que représentent les soins et la qualité de vie pour les personnes vivant avec une blessure médullaire, mais un traitement curatif étant à notre portée, celui-ci est tout aussi important et est bien évidemment la forme ultime de soins ou de qualité de vie. Merci de prendre le temps de lire ces lignes et j’espère obtenir très bientôt une réponse à ma question.




Réponse 1 
Cher Dennis,


Nous vous remercions pour votre question. Nous sommes reconnaissant de l’opportunité de vous offrir de plus amples détails sur la nature de nos activités.La Fondation Rick Hansen (FRH) concentre ses efforts à améliorer le quotidien des personnes vivant avec un handicap en créant des communautés plus inclusives et accessibles et en accélérant la recherche d’un traitement pour les blessures de la moelle épinière (BME).Comme vous le savez, la recherche sur les BME est hautement complexe. La continuité des soins est, du moment de la blessure jusqu’à la réadaptation et au rétablissement, longue et considérable requérant un support concret et financier à toutes les étapes afin de permettre aux personnes vivant avec une BME d'être des citoyens productifs dans une société inclusive et accessible.Depuis 1988, la FRH a amassé 200 millions de dollars pour la recherche sur les BME et les programmes améliorant la qualité de vie tout en aidant le pronostic des personnes nouvellement blessées en allouant des fonds pour des recherches majeures et des programmes d’utilité publique.Parmi les engagements de la Fondation envers un traitement des BME, on retrouve la création de l’Institut Rick Hansen (IRH) http://www.rickhanseninstitute.org . Cet institut indépendant est une collaboration à travers l’ensemble du Canada et il est dédié à l’accélération des progrès vers un traitement curatif de même qu’à l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec une BME ou d’autres handicaps qui y sont reliés. L’IRH supporte et investit dans la recherche qui promet le plus de se traduire en un traitement concret des BME ainsi que dans l’adoption des meilleures pratiques, incluant le support auprès des experts travaillant dans le domaine prometteur de la recherche sur les cellules souches. L'institut travaille aussi à la recherche de solutions pour améliorer la vie quotidienne des personnes vivant avec une BME, d’où son objectif à court terme de réduire la sévérité des complications secondaires associées aux BME.


Tirant parti d’un réseau global de personnes et d’organisations partageant un but commun, l’IRH fait tout ce qui est en son pouvoir pour aider à créer un monde sans paralysie après une BME. En fonction de son ampleur relative et de sa portée ainsi que du travail des autres en recherche fondamentale à travers le monde, ses efforts se concentrent à accélérer l’amélioration des traitements et la qualité de vie des personnes avec une BME à partir des découvertes faites et des meilleures pratiques établies.   Nous espérons que cette information clarifie le travail de la Fondation Rick Hansen et de l’Institut Rick Hansen. Ensemble, nous formons une seule entité au sein d’une très grande communauté d’organisations à travers le monde, toutes dédiées à l’amélioration de la qualité de vie des personnes vivant avec un handicap. Notre vision à long terme est un traitement curatif de la paralysie après une BME et notre engagement continuel envers cette vision est ancré dans les progrès continuels qui sont faits dans le domaine de la recherche sur les BME.Nous vous encourageons, ainsi que les autres personnes intéressées, à consulter nos sites internet à www.rickhansen.com et www.rickhanseninstitute.org afin d’en apprendre plus sur la façon dont nous travaillons à l’atteinte de nos buts communs.


Cordialement,La Fondation Rick Hansen et l’Institut Rick Hansen

samedi 24 septembre 2011

L'heure est venue d'un projet Manhattan/Apollo pour la guérison de la paralysie


From 08 May 2011 StemCells&AtomBombs: Time for a Manhattan/Apollo Project to cure paralysis


« J'estime que notre pays doit s'engager à atteindre 
l'objectif suivant: celui d'envoyer un homme 
sur la Lune et de le faire revenir en toute sécurité 
sur la Terre, avant que cette décennie n'arrive 
à son terme. Aucun autre projet spatial contemporain 
ne saurait être plus impressionnant pour l'humanité 
toute entière, ni plus important dans 
l'exploration à long terme de l'espace ; 
et aucun autre projet ne serait aussi difficile, 
et aussi coûteux à mener à bien. »
- President John F. Kennedy, 25 mai 1961
Je pense depuis longtemps à écrire cet article, pour commémorer le 50e anniversaire de l'engagement de Kennedy d'envoyer un homme sur la lune en moins de dix ans. Je comptais le faire pour le 25 mai, jour où il fit sa déclaration ; mais récemment, on m'a posé une question intéressante, sur l'un des forums auxquels je participe, et j'ai pensé y répondre avec ce blog.

En gros, la question qui m'a été posée était : « Quand allez-vous guérir la paralysie ? »

C'est une bonne question, car je pense qu'il est possible d'y arriver d'ici cinq à dix ans. Je ne dis pas que je vais le faire tout seul, nous devons agir tous ensemble.

John F. Kennedy déclarait en 1961 que les Etats-Unis enverraient un homme sur la Lune avant la fin de la décennie ; et pour le meilleur comme pour le pire, l'alunissage eut bien lieu en 1969.

Franklin Delano Roosevelt avait lui décidé de construire une bombe atomique, et l'atroce machine explosait à Hiroshima et Nagasaki quelques années plus tard.

Roosevelt et Kennedy étaient-ils des scientifiques ? Non. Ils étaient des DIRIGEANTS, qui DECLARÈRENT ce que la science devrait faire. Ils ne se sont pas installés à leur bureau pour étudier la science eux-mêmes (je ne dis pas que nous ne devons pas le faire !) ; ils en ont fait une priorité nationale, puis ont laissé agir les chercheurs pour en faire une réalité. Je n'oublie pas non plus que les travaux scientifiques qui leur ont permis de remplir leur mission étaient déjà en cours ; simplement, le résultat n'aurait pas été atteint si un dirigeant mondial, possédant l'influence nécessaire, n'avait pas appuyé les projets.

Ils ont rassemblé les scientifiques, ont fixé des délais, financé 100% des travaux et ont fourni toutes les ressources nécessaires.

Ils n'ont pas financé de sociétés privées ou d'universités pour mener des recherches indépendantes, pour le profit ou pour la gloire. Roosevelt a répondu de la façon suivante à Eszilard, le seul chercheur qui protestait à propos de son brevet : il le mit tout simplement à la porte, et ne l'accepta à nouveau dans l'equipe qu'une fois qu'Eszilard eut accepté de céder son brevet pour une somme raisonnable. Si l'image de Don Corleone, demandant à un type, le pistolet sur la tempe, une réponse à « une offre qu'il ne peut pas refuser », vous vient à l'esprit, vous n'avez pas tort.



Roosevelt n'a pas envoyé Oppenheimer en tournée mondiale, monté sur une chaise roulante à propulsion atomique, pour lever des fonds et aider à une prise de conscience. Kennedy n'a pas envoyé les chercheurs de la mission Apollo, en costumes spatiaux, faire un tour de chant devant les riches investisseurs et donneurs pour obtenir les fonds nécessaires à la construction des véhicules spatiaux. Non. Roosevelt et Kennedy se sont occupés de l'argent, et ont laissé les scientifiques faire leur travail essentiel, en collaboration et avec des délais précis à l'esprit.


Bien sûr, il y avait des détracteurs, et certains chercheurs avançaient même que les objectifs étaient impossibles ; pourtant, ils ont ete atteints. Parce qu'ils avaient été dument désignés en tant que tels.
Aujourd'hui, d'un point de vue scientifique, nous sommes bien plus avancés vers une guérison de la paralysie que ne l'étaient les projets Manhattan et Apollo vers leurs objectifs respectifs.


Des chercheurs parmi les plus éminents dans le domaine de la régénération de la colonne vertébrale affirment très clairement qu'atteindre un processus de guérison des lésions de la colonne n'est une question de temps, et non de faisabilité.


J'avance donc que si nous faisons de la guérison de la paralysie une priorité (inter)nationale, nous y parviendrons d'ici cinq à dix ans.


En faire une priorité nationale, c'est mon travail, c'est le vôtre, c'est celui de tous les autres qui souhaitent voir la paralysie enfin guérie.


Peu importe quel pays le fera le premier. Nous devons réellement dépasser les frontières pour résoudre ce problème.

mardi 13 septembre 2011

Fédération Européenne des Lésions de la Moelle Épinière




DÉCLARATION CONCERNANT LES RECHERCHES RÉGÉNÉRATIVES POUR LES LÉSIONS DE LA MOELLE ÉPINIÈRE

JUIN 2011


Environ 2,5 millions de personnes vivent avec une lésion de la moelle épinière (LME) dans le monde. En Europe, au moins 330 0001 individus sont paralysés suite à une LME, et environ 11 000 nouveaux cas sont diagnostiqués chaque année. Outre les conséquences sociales et humaines désastreuses2, une recommandation du Conseil de l’Europe (REC 1560 (2002))3 souligne l’énorme coût économique induit4 et conclut que « les États-membres du Conseil de l’Europe devraient faire de plus grands efforts concertés afin de soutenir et de financer la recherche dans ce domaine ».

Depuis sa création en mars 2006, la Fédération Européenne des Lésions de la Moelle Épinière (European Spinal Cord Injury Federation - ESCIF) s’est engagée à soutenir et à encourager la recherche sur les LME. Elle a activement participé à la mise en place de projets pour réunir des informations avec ses membres et a collaboré avec des professionnels et des chercheurs spécialistes des LME dans les efforts de recherche européens. Les statuts de l’ESCIF mettaient en avant le soutien de la fédération pour des recherches pouvant améliorer la qualité de vie des personnes vivant avec des LME mais ne mentionnaient pas les recherches sur le rétablissement fonctionnel. En 2006, en Europe, la possibilité d’un « traitement » contre la paralysie semblait être un projet plutôt lointain.

Depuis lors, cependant, la neuroscience a réalisé des avancées significatives vers le un traitement de la paralysie, à un point tel qu’un rétablissement fonctionnel est désormais un objectif réaliste à certains degrés. De nombreuses voies de recherche prometteuses sont actuellement en cours d’essais cliniques dans le monde, et d’autres encore sont en préparation pour passer aux essais sur les êtres humains. Afin de promouvoir ces avancées scientifiques et leur application sur les êtres humains, il est essentiel qu’il y ait un soutien, un financement et des infrastructures considérables.

Nous, l’ESCIF, représentant des centaines de milliers de personnes vivant avec des LME dans toute l’Europe, soutenons fortement la recherche régénérative pour les lésions de la moelle épinière afin d’aider à traiter la paralysie pour ces millions de personnes déjà atteintes et celles à venir.

Par conséquent, nous conseillons vivement aux États-membres du Conseil de l’Europe, à l’Union européenne et aux États membres de l’Union européenne de soutenir et d’investir dans la recherche régénérative pour les lésions de la moelle épinière en :

• Augmentant les financements pour les recherches fondamentales, translationnelles et cliniques de la recherche régénérative sur les lésions de la moelle épinière ;

• Permettant un transfert dans les délais des recherches prometteuses des laboratoires aux patients grâce à un financement suffisant, des infrastructures efficaces et des réseaux de collaboration ;

• Adoptant une réglementation et une législation adaptées pour une traduction efficace et dans les délais des recherches prometteuses sans compromettre la sécurité des patients et l’éthique 

• Mettant en place et en appliquant un Plan de Traitement des Lésions de la Moelle Épinière, pour faire du traitement contre les lésions de la moelle épinière une priorité nationale et internationale.

Enfin, il convient de rappeler que la recherche régénérative dans le domaine des lésions de la moelle épinière contribuera également à la recherche pour d’autres affections neurologiques comme la Sclérose en plaques, la Sclérose latérale amyotrophique, la maladie de Parkinson et la maladie d’Alzheimer.

Le Président
EUROPEAN SPINAL CORD INJURY FEDERATION

Contact : president@escif.org  


1 Source : Recommandation 1560 (2002) 1 /Council of Europe Towards concerted efforts for treating and curing spinal cord injury

2 Les conséquences d’une lésion de la moelle épinière incluent : la perte de l’usage des membres, la perte de la sensation, le manque de contrôle des intestins, de la vessie et de la fonction sexuelle, auxquelles s’ajoutent des douleurs neuropathiques incurables, de la spasticité et le risque d’infections graves, ainsi que l’incapacité de respirer sans assistance (lésions cervicales hautes).

3 Recommandation 1560 (2002) 1 /Council of Europe op.cit.

4 Coût généré par les LME : « Aux États-Unis, les coûts additionnés des lésions de la moelle épinière ont été estimés à 9,73 milliards de dollars par an (soit 6,82 milliards d’euros) ». Source : Recommandation 1560 (2002)1 /Council of Europe op.cit

mercredi 3 août 2011

Si j'étais un singe, moi aussi je sauterais

From 19 December 2010 StemCells&AtomBombs: If I were a monkey, I'd be jumping, too


Tout le monde a des bons et des mauvais jours. Les gens en chaise roulante aussi, mais parfois c'est un peu plus prononcé que pour les autres. Les mauvais jours ont tendance à avoir un impact plus fort sur notre corps.

Ces derniers temps, les bons jours sont pour moi nettement plus nombreux que les mauvais ; c'est à la fois une bonne et une mauvaise chose. C'est une bonne chose dans le sens où je suis en mesure de passer la journée sans me sentir mal, sans être irrité, et la vie quotidienne est donc plus facile à gérer. La réintégration dans la société est un peu plus envisageable lorsqu'on ne se sent pas trop mal à cause de douleurs, de démangeaisons ou d'un derrière endolori.

Le côté négatif des bons jours, pour ceux victimes de lésions de la colonne ou d'autres problèmes chroniques, c'est qu'ils nous incitent à penser que la vie en chaise roulante n'est pas si terrible. Que passer toute notre vie dans une chaise roulante ne serait pas si terrible. Qu'il est peut-être inutile de se battre pour un traitement, alors que nous avons tant de "bons" jours.

Et donc régulièrement, je dois me le rappeler : même si les choses vont plutôt bien pour moi, je dois continuer à me battre pour ma guérison. Le but est de remarcher... pas d'apprendre à apprécier ma chaise.

Bien entendu, si la guérison était impossible, alors peut-être que se résigner serait la meilleure solution ; cependant, des annonces faites récemment cette année, à propos des traitements à base de cellules souches pour les lésions de la colonne vertébrale, indiquent que nous sommes tout proches... Mais votre aide est nécessaire.

L'objectif de ce blog n'a jamais été d'être un journal scientifique, mais de faire prendre conscience aux gens combien ce qui était autrefois inimaginable est devenu possible. Il n'y aurait aucun sens à vous demander de vous battre pour un traitement des lésions de la colonne vertébrale si vous ne croyiez pas que cela était possible, ou si la science nécessaire n'existait pas.

La science réalise actuellement des choses fantastiques, qui auront un impact sur moi et sur d'autres gens que vous connaissez peut-être, dans un futur très proche ; mais nous n'obtiendrons pas ces choses sans pousser nos gouvernements à accélérer le processus et à dépenser les ressources indispensables pour obtenir ces traitements.

Voici une annonce très importante en provenance du Japon, datant de ce mois.

Tout d'abord, l'annonce, il y a quelques semaines, ici même au Japon : grâce à des induced pluripotent stem cells (cellules iPS, pour faire simple il s'agit de vos propres cellules, remises à l'état embryonnaire, capables ainsi de devenir n'importe quel type de cellule), des singes paralysés ont été guéris. Ces singes avaient le corps entièrement paralysé en dessous du cou, et moins d'une semaine plus tard ils avaient récupéré de la force dans les mains et pouvaient se tenir debout. Six semaines plus tard, ils sautaient ; de joie, je parie.

Les cellules iPS présentent encore des problèmes. Il y a des craintes que ces cellules ne dégénèrent en cancer, mais les singes dont je parlais n'ont pas la moindre trace de cancer après trois mois. Il faut également beaucoup de temps pour créer ces cellules. Dans le cas des singes, il a fallu six mois, mais pour eux la transplantation a eu lieu seulement neuf jours après leur paralysie. La route est encore longue, mais nous approchons du but.

Le point le plus important à propos de ces cellules, c'est qu'elles ont été créées à partir de cellules de souris en 2006, puis de cellules humaines en 2007. Trois ans plus tard, elles sont utilisées pour traiter des lésions de la colonne sur des animaux. Voilà qui est rapide, et qui montre tout le chemin parcouru par la recherche sur les cellules souches.

Comparez cela aux cellules souches embryonnaires, et vous verrez combien les choses évoluent vite. En 1981, des cellules souches embryonnaires de souris étaient pour la première fois isolées et cultivées. Il a fallu 17 ans pour être capable d'en faire de même pour les cellules souches embryonnaires humaines, puis encore 7 ans afin de pouvoir les utiliser sur des souris paralysées. Et ce n'est que cette année, alors que voici quatre ans que les souris ont remarché, que les tests ont commencé sur les êtres humains. Nous sommes encore en attente des résultats de ces études, mais ils s'annoncent très intéressants.

Je n'essaie pas de promouvoir un type de cellules face à un autre. Je m'efforce simplement de montrer combien les choses évoluent vite, et que la science nécessaire pour me sortir de cette chaise est là. Et maintenant, si nous pouvions faire en sorte que les gouvernements soutiennent ceci, moi aussi je me mettrais à sauter.

samedi 23 juillet 2011

Le Washington Post se lève. Et la révolution ?

From 05 November 2010 StemCells&AtomBombs: The Washington Post on standing. And revolution?



Mark Ramirez, cadre supérieur à AOL, le fait. "Cela paraît plus naturel. Je ne reviendrais pas à simplement m'asseoir."

Kate Kirkpatrick, cadre à Gensler, le fait. "Je ne comprends plus ce sentiment d'avoir besoin de faire une sieste au beau milieu de la journée. Mon corps se sent en meilleure santé. Plus alerte. On ne ressent plus les tensions dans le cou que l'on a après être resté assis toute la journée. Je suis plus à l'aise maintenant."

Les comptables le font. Les programmeurs, les fonctionnaires, les spécialistes du télémarketing le font. Même l'ancien secrétaire de la défense, Donald Rumsfield, le fait.

Font quoi, vous demandez-vous ?
Être debout. Et ils adorent ça.

Juste au moment où je pensais que j'étais en train de lire un article sur des personnes prisonnières de leur chaise roulante mais qui peuvent désormais se lever, j'ai réalisé que l'article portait sur le fait de rester debout au travail. C'était un article qui parlait d'un nouveau bureau élevé et de l'entreprise qui le fabrique : GeekDesk. Et oui, vous aussi pouvez travailler debout grâce à un nouveau bureau, d'une valeur de 800 $ (570 €), élevé à l'aide de moteurs électriques.

Enfin vous pouvez, si vous pouvez vous mettre debout.

Alors que j'étais sur le point de passer à l'article suivant, j'ai décidé de continuer à lire, et je suis heureux de l'avoir fait. J'ai trouvé des raisons très intéressantes pour lesquelles il est si important de sortir de mon fauteuil. Je pourrais même avoir trouvé des idées sur comment atteindre ce but.

James Levine, endocrinologue à la célèbre clinique Mayo et auteur de "Votre chaise : confortable mais mortelle", apporte d'autres arguments étayant sa thèse selon laquelle "nous sommes faits pour nous tenir debout".


  • Quand nous nous asseyons, d'importantes fonctions biologiques se mettent au repos.
  • Une enzyme qui élimine toutes les dangereuses graisses de la circulation sanguine ne fonctionne parfaitement que quand le corps est en position verticale.
  • Rester debout permet de diminuer les risques de maladies cardiaques, de brûler des calories, d'améliorer la façon dont l'insuline baisse le niveau de glucose et de produire du bon cholestérol.
Ainsi j'ai bien compris pourquoi rester assis toute la journée est hasardeux et dangereux, comme le dit le chercheur renommé sur l'inactivité Marc Hamilton. Hamilton va même jusqu'à qualifier ce problème de rester assis de "nouvelle cigarette". 

J'ai dit avec humour que si je me levais de nouveau (non, pas si, quand je me lèverai de nouveau), j'irai jusqu'à jeter toutes les chaises de ma maison. Mais comment sortir de ma chaise ? C'est ça l'important.

Ce n'est qu'en arrivant à la dernière phrase du dernier paragraphe que James Levine, tel un nouveau Lénine, donne la solution pour nous permettre à tous de sortir de nos chaises. 

"Les assis du monde unissez-vous. Il est temps de se lever maintenant."

Toutes les citations sont issues de l'édition du 17 octobre 2010 de l'article du Washington Post, "Those with a desk job, please stand up".