jeudi 5 mai 2011

Le G20, Martin Luther King, et Invivo Therapeutics

From 10 September 2010 StemCells&AtomBombs:The G20, Martin Luther King, and Invivo Therapeutics

Martin Luther King Jr.
Lorsque nous nous intéressons à l'homme moderne, nous devons reconnaître qu'il souffre d'une forme de pauvreté spirituelle, en contraste flagrant avec sa prospérité scientifique et technologique. Nous avons appris à voler dans les airs comme des oiseaux, nous avons appris à nager dans les océans comme des poissons, et pourtant nous n'avons pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs.

Il me semble que Martin Luther King a résumé mon article tout entier en cinq lignes pleines d'éloquence, alors qu'il me faut à moi 300 lignes pour transmettre la même idée.

Tout d'abord, la première partie, à propos de l'abondance scientifique et technologique.
  • Geron Corporation va débuter des essais sur l'homme, pour le traitement des lésions de la colonne vertébrale à base de cellules souches embryonnaires.
  • TCA Cellular Therapy a reçu le feu vert pour des essais sur l'homme, dans le traitement des lésions de la colonne vertébrale à base de cellules souches adultes, et a déjà commencé.
  • Les essais sur l'homme de traitement de la maladie de Charcot, à base de cellules souches neuronales, débutent.
  • Les aveugles se voient redonner la vue grâce aux cellules souches, en Italie et en Australie.
  • Cellules souches et sclérose en plaques.
  • Cellules souches et maladies cardiaques.
  • Cellules souches et... etc.
Vous pouvez trouver des informations sur toutes ces thérapies, ces essais, par une simple recherche "nom de la maladie+cellules souches".

La liste des maladies qui pourraient être traitées grâce à des cellules souches s'allonge chaque jour. La thérapie dont j'aimerais parler aujourd'hui concerne les lésions de la colonne vertébrale, et émane d'une société appelée Invivo Therapeutics (qui pense que les cellules souches ne sont pas nécessaires pour guérir les lésions de la colonne, mais qui a cependant effectué des tests), fondée par l'entrepreneur médical Frank Reynolds.

Avant de poursuivre, je tiens à dissiper toute équivoque et à dire que rien ne me ferait plus plaisir que le succès de cette thérapie ; et que si M.Reynolds m'appelait et me demandait de participer à l'un des tests sur l'homme prévus pour l'an prochain, je sauterais sur l'occasion (pas au sens propre : je ne peux pas). Veuillez bien comprendre que toute critique que je formule ne vise en aucun cas M.Reynolds ou sa société.

Je ne rentrerai pas dans les détails scientifiques, vous pourrez les trouver par vous-même. Je tiens par contre à souligner deux points vraiment remarquables à propos de cette thérapie. Première chose, c'est le première thérapie pour les lésions de la colonne à être essayée sur un singe, et elle fonctionne. Deuxième chose, ils vont mettre cette thérapie sur le marché pour un coût de seulement 12 milliards de dollars.

NON, NON ! PARDON ! Pas 12 milliards, 12 MILLIONS de dollars. Ce qui, selon M.Reynolds, "constitue un événement véritablement peu commun dans la communauté médicale actuelle". D'après Invivo Therapeutics, cet investissement pourrait rapporter 1 milliard de dollars, si les essais sur l'homme sont couronnés de succès.

Penchons-nous maintenant sur la partie "pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs".

Pourquoi M.Reynolds et son équipe, qu'il décrit comme étant constituée surtout d'étudiants de 3e cycle, ont-ils pu aboutir à un résultat d'une telle amplitude pour une bouchée de pain, alors qu'aucun gouvernement n'y est arrivé ?

Est-ce parce que les gouvernements ne savent pas faire preuve d'innovation ?
Ma foi, regardez plutôt le cas de la bombe atomique.

Est-ce parce que le traitement est trop cher à développer ?

Mais M.Reynolds a prouvé que cela pouvait être fait pour une somme raisonnable. De plus, les gouvernements subventionnent déjà de nombreux travaux, même si dans beaucoup de cas, ils ne font que subventionner les profits à venir de sociétés privées. Enfin, la prise en charge des individus atteints de lésions de la colonne coûte aussi beaucoup d'argent, bien plus qu'un traitement de ces lésions (voir à la fin de l'article pour plus d'informations).

La réponse est simplement que, comme le disait Martin Luther King, "nous n'avons pas encore appris à vivre sur la Terre comme des frères et des soeurs". Les gouvernements ne remplissent pas leur devoir envers leurs citoyens, celui de faire des besoins du peuple leur priorité. Les gouvernements, pour des raisons idéologiques et non pas factuelles, laisseront souffrir leurs propres citoyens, plutôt que d'admettre que l'entreprise privée ne peut pas résoudre tous les problèmes.

Cet échec nous coûte cher aujourd'hui, et nous coûtera encore plus cher à l'avenir. Au final, cela rendra le traitement encore plus coûteux, et bien plus important encore, cela éloigne d'autant l'instant où le traitement sera disponible pour les patients : puisque les sociétés privées se battent pour toucher le magot, elles ne mettent pas en commun données et connaissances qui pourraient accélérer les choses.

Pour les malades, cet échec coûte bien plus que de l'argent.

Les lésions de la colonne, et toutes les autres maladies qui pourront être guéries à l'avenir, ne le seront pas par une thérapie unique. Il s'agira d'une combinaison de différentes thérapies, et cela signifie que c'est la coopération, et non la compétition, qui hâtera l'arrivée des traitements. Or les sociétés privées n'iront pas dans ce sens. Elles sont tenues par leurs investisseurs de faire des profits (et cela est tout à fait justifié). En outre, cela signifie qu'une erreur pourrait également pousser les investisseurs à se retirer, laissant des recherches sans lendemain. L'autorité nécessaire au traitement des maladies par la coopération, ou comme M.King le disait "en vivant sur la Terre comme des frères et des soeurs", ne peut venir que des gouvernements, c'est-à-dire, au final, nous.

Si les dirigeants mondiaux ne manifestent pas la volonté d'avancer main dans la main avec leurs citoyens, alors c'est à nous de mettre en oeuvre notre force collective, pour les y amener qu'ils en aient envie ou non.

Il y a quelques temps, je disais dans un article que j'allais fournir une façon alternative et efficace de financer, d'administrer et d'organiser la recherche sur les cellules souches. C'est un objectif sur lequel vous et moi, comme des frères et des soeurs, pourriont travailler ensemble.


1. Les pays du G20 mettent en place un fonds, basé sur leur PIB, de 29 milliards de dollars (somme égale au coût de la bombe atomique), ainsi qu'un secrétariat du G20 pour la recherche médicale.
2. Ce fonds pourrait être utilisé pour financer toutes les recherches qui ont lieu dans les universités, et dans les sociétés privées qui acceptent de coopérer totalement au partage des données et à une possession collective des brevets.
3. Les scientifiques devront pouvoir échanger de façon régulière, afin que le partage ait bien lieu qui nous mènera aux traitements.

Eh bien, le G20 a une nouvelle réunion l'an prochain. J'ai/nous avons donc beaucoup de travail d'ici là.

Je saute du coq à l'âne, mais je vous conseille de regarder le film Lorenzo, avec Susan Sarandon et Nick Nolte. J'ai découvert ce film en me documentant à propos de Frank Reynolds, qui disait l'avoir regardé quand il était lui-même paralysé et y avoir trouvé l'inspiration pour chercher un traitement.

Il s'agit d'une histoire vraie, celle du père et de la mère d'un petit garçon atteint d'une maladie appelée ALD. A l'époque, il n'existait aucun moyen d'arrêter la dégénérescence due à l'ALD ; les parents décidèrent alors de chercher eux-mêmes un remède, et le trouvèrent. Il était trop tard pour leur propre fils, car la myéline, qui isole les nerfs du système nerveux central et leur permet de transmettre des impulsions, était déjà endommagée. Ils décidèrent donc de chercher un moyen de remiélynisation des nerfs.

A mon sens, le moment le plus parlant du film est tout à fait à la fin (3:12), quand le père du garçon discute avec un chercheur. Celui-ci explique au père la lenteur de la science, le fait que les scientifiques n'aiment pas collaborer. Nick Nolte, le père, lui répond :

"Ca n'est pas toujours comme ça, vous vous souvenez du Projet Manhattan ? Vingt-huit mois. Ca leur a pris vingt-huit mois. Alors, si les scientifiques sont capables de se mettre ensemble pour construire la bombe atomique... Ils sont certainement capables de le faire pour remyéliniser quelques petits chiens ?" (les tests à l'époque devaient être menés sur des chiens)

D'après le Centre de Statistiques sur les lésions de la colonne vertébrale de l'Université d'Alabama, mars 2002 (tiré de SCI-INFO-PAGES)

Coûts des lésions de la colonne aux Etats-Unis
  • durée d'hospitalisation initiale après la lésion, en soins intensifs : 15 jours
  • durée moyenne de séjour en rééducation : 44 jours
  • coûts initiaux d'hospitalisation suite à la lésion : 140 000$
  • dépenses moyennes dans la 1e année suite à une lésion de la colonne : 198 000$
  • dépenses dans la 1e année pour les paraplégiques : 152 000$
  • dépenses dans la 1e année pour les quadriplégiques : 417 000$
  • coûts moyens pour la vie, pour les paraplégiques, lésion à 25 ans : 428 000$
  • coûts moyens pour la vie, pour les quadriplégiques, lésion à 25 ans : 1,35 million de $
  • pourcentage d'individus victimes de lésions de la colonne sans emploi huit ans après la lésion : 63% (NB : à l'écriture de cet article, le taux de chômage général était de 4,7%)

mercredi 27 avril 2011

Démocratisez les cellules souches ! Démocratisez la bombe !

31 August 2010 StemCells&AtomBombs: Democratize Stem Cells! Democratize the Bomb!


Il y a beaucoup trop d'informations concernant les cellules souches. Il y en a tellement que c'est comme n'avoir aucune information. Puis tapez sur Google publicités qui permettent aux sociétés de vendre des thérapies par cellules souches, décriées et accusées de fausses par les scientifiques et vous obtenez une confusion totale.

Les choses sont si confuses que la Société internationale pour la recherche sur les cellules souches (ISSCR) a dû publier une brochure simplement pour avertir les touristes des traitements par cellules souches de ce qu'ils savent déjà, de se méfier des fausses ou des dangereuses thérapies par cellules souches. Je suis désolée de dire cela mais la Société internationale pour la recherche sur les cellules souches se trompe complètement. Les gens qui cherchent désespérément des traitements pour des maladies chroniques n'ont nulle part où aller pour trouver des informations. Comment peut-on savoir si l'ISSCR est elle-même légitime ? Je ne dis pas qu'ils ne sont pas comme ils le paraissent un gentil groupe de scientifiques s'efforçant d'informer les gens, mais qui a déjà entendu parler d'eux ? Et c'est le problème avec tous les groupes existants sur les cellules souches : personne ne sait si leurs informations sont fiables.

Mais je vais vous dire qui les gens connaissent réellement, ceux qui devraient vraiment informer les gens sur les cellules souches : le gouvernement. Sans tenir compte du fait que beaucoup pensent que le gouvernement est composé d'escrocs, nous pouvons en fait changer les gens au pouvoir, vous pouvez voter. Vous ne le pouvez pas pour l'ISSCR, vous n'avez aucun contrôle sur elle ni sur aucun autre groupe réalisant des recherches sur les cellules souches, qu'il soit à but non-lucratif ou pas.

Je pense que nous devrions applaudir les groupes comme l'ISSCR pour leurs efforts pour compenser l'échec du gouvernement à faire ce travail. Je suis désolé de dire que tous les avertissements et les programmes d'éducation réalisés par des groupes similaires resteront vains. Les gens veulent des informations mais si personne ne s'assure qu'ils reçoivent les meilleures, les gens vont continuer à risquer leur vie et à gaspiller leur argent en essayant des thérapies sans efficacité prouvée.


Les thérapies par cellules souches peuvent fondamentalement changer la société dans laquelle nous vivons actuellement, exactement comme l'a fait la bombe atomique il y a soixante-cinq ans. Ces thérapies ne devraient pas être laissées aux mains de personnes sur lesquelles nous n'avons aucun contrôle. Vous ne voyez pas le gouvernement laisser des groupes privés gérer leurs programmes d'armement nucléaire. Bon sang, les gouvernements ne veulent même pas laisser d'autres gouvernements qui n'ont pas encore la bombe la faire, mais dans le cas des cellules souches, ils ne font même pas d'effort pour empêcher leurs propres citoyens de risquer leur santé physique et financière. Comment pouvons-nous, vous et moi, prendre le contrôle des cellules souches?

La raison pour laquelle une arme nucléaire a été utilisée en période de guerre pour la dernière fois en 1945 est très clairement parce que vous et moi étions dans le siège conducteur et exercions un certain contrôle sur les gouvernements et par conséquent sur les armes nucléaires. Des groupes de citoyens comme vous et moi, et dans beaucoup de cas des scientifiques aussi, ont formé des groupes pour la paix et n'ont pas seulement éduqué le public mais ont également fait savoir aux dirigeants que les jours des gouvernements qui utilisaient la bombe étaient comptés, quels qu'ils soient.

Je commence enfin à voir clairement où je veux amener ce blog et la chose dont je suis sûr maintenant c'est que je veux m'assurer que les citoyens lambda trouvent un moyen pour faire partie (et pas juste payer la facture) des cellules souches. Il existe des gens qui pensent la même chose et je suis déjà entré en contact avec ces personnes : certaines en Amérique du Nord, en Europe et ici au Japon.

Dans les mois qui viennent, mon objectif est d'élargir le public de ce blog et de commencer à faire des plans avec mes nouveaux amis partout dans le monde.

PS : Je me demande combien de temps cela me prendrait d'obtenir un dossier sur moi fait par l'agence des services secrets dans le monde si je diffuse une publicité google vendant des secrets ou des éléments nucléaires, ou peut-être même du plutonium. Je me demande si Google m'autoriserait même à diffuser une telle publicité. Peut-être cela sera-t-il un projet futur.

PSS : Si le blog d'aujourd'hui parait un peu plus désorganisé qu'à l'habitude, veuillez me pardonner. Je pense qu'aujourd'hui je me parlais davantage à moi et non à vous comme je le fais d'habitude. Veuillez m'en excuser.


mercredi 20 avril 2011

Plus grand que la puissance de l'atome – 2e partie

From 25 August 2010 StemCells&AtomBombs: Greater than the might of atoms - Part II


La première partie – "Plus grand que la puissance de l'atome multipliée par mille" se trouve ici

En lire plus sur le site Detroit News
La photo sur la gauche a été prise durant la grève sur le tas de 1936 à General Motors. Vous vous posez peut-être une question fort judicieuse en ce moment... "S'il s'agit d'une grève sur le tas, pourquoi sont-ils tous en train de marcher dans la rue ?" Si vous vous êtes vraiment posé la question, et si vous souhaitez connaître la réponse, continuez à lire cet article.

Comme d'habitude, mon objectif n'est pas de vous donner une leçon d'histoire (je vous indiquerai des liens intéressants au fil du blog), mais d'attirer votre attention sur des évènements historiques importants en eux-mêmes comme pour notre campagne pour la recherche et l'accès aux traitements basés sur les cellules souches.

Pour faire court, cette grève sur le tas à Flint était très exactement une grève sur le tas, les ouvriers se sont assis et ont occupé leurs usines. Au lieu d'agir à l'extérieur (et de laisser ainsi le contrôle des moyens de production matériels à l'employeur), les ouvriers décidèrent de rester à l'intérieur, pour empêcher leurs patrons de déplacer les équipements ou d'essayer de relancer la production. Ca n'était pas la première grève de ce type, mais certainement la plus grande et la plus efficace ; à la fin, General Motors (le plus gros employeur de la planète, à l'époque) fut forcé de faire des concessions et de reconnaître le syndicat United Autoworkers Union, ce qui contribua à l'amélioration des salaires et des conditions de travail dans toute la société américaine, alors que les ouvriers d'autres industries se trouvaient enhardis par cette victoire.

Mais le côté "sur le tas" n'était que l'élément le plus visible. Sans l'aide des sympathisants syndicaux et citoyens, qui encerclèrent l'usine pour bloquer la route de la police, et plus tard brisèrent les fenêtres pour permettre l'évacuation du gaz lacrymogène toujours tiré par la police, la grève se serait terminée de façon bien différente.

Je pense également qu'il s'agit d'un événement qu'il est important d'étudier, parce que les ouvriers étaient assis "sur le tas". Beaucoup d'entre nous, parmi ceux qui pourraient bénéficier de thérapies à base de cellules souches, sont déjà assis (plus une fermeture qu'une grève...) et cet état de fait a un impact énorme sur l'économie. Mais c'est un sujet pour un autre jour.

Je pense qu'il y a trois grandes leçons à tirer, applicables à notre campagne pour des traitements à base de cellules souches pour une multitude de maladies.

En finir avec l'isolation des communautés de malades
On entend beaucoup parler des grèves sur le tas à Flint et à l'usine Fisher #1, mais en fait, au même moment de nombreuses grèves, sur le tas ou non, avaient lieu dans d'autres usines automobiles. Cependant, le concept déterminant de l'United Autoworker Union était celui d'un syndicat d'industrie, regroupant des travailleurs de toute l'industrie automobile. C'est là la raison précise pour laquelle l'UAW a pu être victorieuse.

Faire une recherche à propos de groupes en faveur des cellules souches ne donne pas grand-chose. Par contre, si vous recherchez des groupes pour la recherche sur les cellules souches concernant des maladies spécifiques, vous en trouverez des milliers. Parmi ceux-ci, nombreux sont les groupes qui font plus que plaidoyer en faveur des cellules souches, et financent leurs propres recherches ; cela signifie être en concurrence avec les groupes des autres maladies, pour récupérer dollars comme influence.

This is one of the reasons why industrial unions organized workers in entire industries - to stop the competition amongst workers to undercut wages and conditions in a race to the bottom for jobs.
C'est là l'une des raisons pour lesquelles les syndicats industriels organisèrent les travailleurs de secteurs tout entiers de l'industrie : pour mettre un frein à la concurrence entre ces travailleurs qui ne pouvait mener qu'à un nivellement par le bas des salaires et des conditions de travail.

We are closer than we have ever been to stem cell based cures, it's time for unity, not competition that will leave all groups empty-handed.
Aujourd'hui, plus que jamais, nous sommes tout proches des traitements à base de cellules souches. C'est l'heure de l'union, pas celle de la compétition qui laissera tous les groupes les mains vides.

Développer des soutiens parmi les malades comme les non-malades
150 000 manifestants sur Cadillac Square
Bien que le nombre de maladies que les cellules souches pourraient permettre de guérir soit très élevé, les malades, le ciel soit loué, restent une minorité. Or, tout mouvement qui se refuse à étendre son influence au-delà d'une minorité est condamné à l'échec. Malgré la taille de l'UAW, malgré son poids, les ouvriers de l'industrie automobile sont une minorité dans la société, et ceux qui ont remporté la victoire historique lors de la grève de l'usine Fisher #1 n'y seraient jamais parvenus sans les 150 000 travailleurs qui se rassemblèrent sur Cadillac Square, sans les 5000 sympathisants qui encerclèrent l'usine lorsque la police tenta d'interrompre les livraisons de nourriture.

Comment l'UAW a-t-il pu réunir 150 000 personnes pour soutenir ce qui était, en comparaison, un groupe très restreint ? Il n'ont pas joué sur la cupidité ou sur la peur, ils ont fait appel à la capacité des gens à voir ce qui est juste. Les gens sont ainsi, remarquables, ils réagissent aux messages positifs.

Qu'y a-t-il de plus juste que de s'assurer que les malades sont soignés ? Si l'UAW, un petit groupe en 1936, a pu réunir 150 000 personnes pour soutenir une grève, pourquoi ne pouvons-nous pas faire la même chose, dans le domaine des cellules souches ?

Mobiliser les sympathisants
Ce qui nous amène à mon dernier point, à propos duquel je serais heureux d'avoir vos commentaires.

Je ne suis pas de ceux qui critiquent les nouvelles technologies, mais j'entends déjà les voix de ceux qui diront "ça n'est pas avec un blog que l'on aura des traitements". Tout ce que je peux répondre, c'est : je le sais, mais aujourd'hui, notre capacité à atteindre un large public est plus grande qu'elle ne l'a jamais été, nous devrions alors être capables de rassembler bien plus que 150 000 sympathisants en faveur des traitements à base de cellules souches. La grande question est alors, pourquoi n'y parvenons-nous pas ?

La raison qui me vient à l'esprit, c'est le message qui est envoyé par de nombreux groupes qui se battent pour les traitements. Ce message, en gros, dit "financez les recherches sur les cellules souches, car elles pourront guérir la maladie que nous avons". Bien sûr, durant la grève sur le tas à Flint, l'UAW avait aussi des revendications concrètes, sur le travail, les salaires, mais il s'agissait également d'un message sociétal. C'était un mouvement pour la démocratie. Dans une société où le totalitarisme des entreprises était toléré, l'UAW parlait de la démocratisation du travail, et de la société. Les 150 000 manifestants sur Cadillac Square n'étaient pas là uniquement pour soutenir les ouvriers de Flint, mais aussi pour revendiquer un changement fondamental dans la société.

Les groupes en faveur des cellules souches se doivent de tirer une leçon de ces combats. Les revendications doivent être plus que justes, "donnez-nous des traitements à base de cellules souches", nos messages doivent parler du gaspillage de la science à des fins de destruction, comme dans le cas des bombes atomiques. Revendiquer une société dans laquelle les hommes ont la priorité, et pas seulement dans les pays développés. Un monde dans lequel marcher sur Mars attendra que les hommes marchent sur Terre. Le combat pour les traitements à base de cellules souches doit être celui d'une société où les hommes passent en premier.

Et c'est pour cela que je n'ai pas commencé l'article d'aujourd'hui, à propos de la grève sur le tas, avec une photo de gens assis. Si les seules personnes impliquées dans la grève avaient été celles qui étaient assises à Fisher #1, l'histoire dont nous aurions parlé aujourd'hui aurait été "le massacre de Flint".

dimanche 10 avril 2011

Ne pleurez pas. Organisez-vous !

From 09 August 2010 StemCells&AtomBombs: Don't mourn. Organize!

Aujourd'hui, nous sommes le 09 Août 2010. Cela fait soixante-cinq ans jour pour jour qu'à Nagasaki, au Japon, à juste 560 kilomètres de là où je suis à Osaka, la dernière bombe atomique a été utilisée en temps guerre.

Puisque ce blog concerne les cellules souches ET les bombes atomiques, je voulais écrire quelque chose de profond pour marquer cet anniversaire, mais je ne savais pas quoi dire. Dois-je condamner la bombe ? Mais à quoi cela servirait-il 65 ans après ? Dois-je décrire l'horreur ?  Mais je pense que je ne pourrais rien dire d'aussi fort que les images du champignon géant, que vous avez tous vu en photo et qui a désintégré des vies humaines, ou que la voix des survivants que vous pouvez entendre par vous-mêmes.

En cherchant quoi écrire, je suis tombé sur cette citation de Mère Térésa : "on m'a demandé une fois pourquoi je ne participais pas aux manifestations anti-guerre. J'ai répondu que je ne le ferai jamais, mais que dès que vous organiserez un rassemblement pour la paix, je serai là.

Cela n'a pas d'importance que vous soyez d'accord ou pas avec Mère Térésa ou avec le travail qu'elle a fait. Cette citation m'a fait comprendre ma propre façon de penser et pourquoi je n'ai jamais voulu faire partie d'un mouvement ANTI quelque chose, pourquoi je reculais toujours à l'idée de manifestations ANTI quelque chose. Comprenez-moi bien, je suis un syndicaliste et j'ai donc fait mon quota de manifestations, grèves et piquets de grève mais ces actions étaient toujours POUR quelque chose : salaires, vacances, assurance, droits des syndicats.

C'est pourquoi aujourd'hui, je voudrais remercier le mouvement de désarmement nucléaire japonais et international d'avoir fait en sorte que Nagasaki soit la dernière fois qu'une bombe nucléaire était utilisée. Ces groupes nous ont permis d'être en sécurité en militant activement pour l'interdiction des armes nucléaires. Je pense qu'inconsciemment, j'ai choisi d'écrire sur la dernière utilisation d'une bombe atomique plutôt que sa première à Hiroshima, le 6 août, pour souligner le fait que les groupes pour la paix ont un réel impact sur la politique mondiale.

Vous pouvez consulter la Déclaration de paix de Nagasaki. Vous constaterez qu'elle ne s'appelle pas la Déclaration anti-guerre de Nagasaki. 

Visiter des pays partout dans le monde. Exercer un lobbying sur les politiciens. Faire des déclarations publiques. Éduquer le public. Parler aux Nations-Unies mais aussi, et encore plus important, parler aux gens comme vous et moi. Tout cela a permis de maintenir active la campagne pour un monde sans nucléaire. Ils n'ont pas simplement dit "la guerre c'est mal", ni "la paix c'est bien". Qui pourrait dire le contraire ? Ils promeuvent activement la paix et nous demandent de jouer notre rôle dans le combat POUR la paix, et grâce à cela, ils ont permis d'éviter que Hiroshima ou Nagasaki ne se reproduisent.

Les gens sont touchés par ces groupes pour la paix parce que : premièrement, la plupart des gens normaux sont instinctivement opposés à la destruction et au meurtre quel qu'en soit l'auteur ; deuxièmement, ils se retrouvent dans les histoires des victimes et troisièmement, les groupes pour la paix donnent aux gens une chance de participer en signant une pétition, en participant à des activités, et en écoutant ceux qui ont vécu la bombe. Mais, plus important encore, ces groupes proposent une alternative viable à l'explosion du monde avec des armes atomiques. Alors les gens les écoutent et les politiciens écoutent les gens. C'est ce qu'on appelle une campagne active.

En résumé, le désarmement et les groupes pour la paix ont fait quelque chose de très important. En utilisant les terribles leçons d'Hiroshima et de Nagasaki, ils motivent activement les gens à participer à ce que cela ne se reproduise plus. Voilà l'idée fondamentale qui se cache derrière "Ne pleurez pas. Organisez-vous !"

Ma motivation personnelle pour "Ne pleurez pas. Organisez-vous !'" est simple. Quand je suis tombé malade et que j'ai perdu l'utilisation de mes jambes, j'avais plusieurs choix. Tomber dans une profonde dépression ou m'habituer à la vie en fauteuil roulant. On m'a dit que la deuxième solution était préférable parce que si je ne l'acceptais pas, l'option un arriverait naturellement. J'ai décidé de faire un autre choix et ce choix c'est de partir en campagne pour un traitement. Et pas seulement parce que j'en veux un. Quand j'ai appris que la science était là mais qu'elle ne disposait pas des ressources nécessaires, j'ai décidé que je ne voulais pas m'habituer à la chaise, que je voulais marcher et que c'était vraiment dommage de ne pas réussir à permettre à des millions de personnes comme moi de marcher.

Dans les semaines qui arrivent, j'espère pouvoir vous donner plus d'informations sur ce que les différents groupes pour la recherche sur les cellules souches font pour s'assurer que l'argent, la science et le potentiel humain ne soient plus gaspillés dans la mort. En vous impliquant activement dans le combat pour soigner la maladie, j'espère que vous ne faites pas que regardez, mais que vous participez.

samedi 2 avril 2011

Classe d'anatomie pour le financement des cellules souches

From 05 August 2010 StemCells&AtomBombs: Atomic lessons for stem cell funding

Dans mon dernier post, gaspillage, j'avais promis de proposer une solution alternative efficace pour financer, administrer et organiser les recherches sur les cellules souches. C'est ce que je vais essayer de faire aujourd'hui.

Je pense que la plupart des gens ne voit pas les alternatives possibles à l'approche actuelle, que l'on peut résumer comme cela. Prenez les fonds publics (vos taxes) et divisez-les en petites sommes à répartir entre plusieurs universités et centres de recherche privés différents. Les centres de recherche privés essaient alors d'attirer des investisseurs privés pour réunir encore plus d'argent et les universités collaborent avec les centres de recherche privés. Ce que j'écris est-il vrai ? Regardez ce avec quoi les "institutions" sont financées rien qu'en Californie.

Mais comme il est question de profits privés, personne ne veut partager ses informations. Alors, tous les centres de recherche privés et les universités avec un certain appétit pour les fonds publics (vos taxes) commencent à réclamer davantage de fonds pour la recherche et nous, le public, en particulier ceux souffrant de maladies pouvant être soignées par des cellules souches, ajoutons nos voix pour demander plus d'argent. Quelquefois, le public s'implique même un peu plus en essayant de réunir des dons qui seront de nouveau divisés en de petites parts entre des entreprises privées qui ne coopéreront jamais parce que leurs performances sont en jeu. 

Comme je l'explique dans "gaspillage", ce n'est pas une critique du profit, ni de la motivation du profit ni de n'importe quelle notion théorique concernant le libre marché. J'illustre simplement un argument très important. Des fonds pas assez importants, divisés entre plusieurs groupes n'ayant aucune raison de coopérer, sont inefficaces et n'aboutiront pas plus à un traitement de GUÉRISON que si nous prions le "Dieu Spaghetti". Vous devez donc vous demander : quelle est ma super idée ?

Et bien, ce n'est pas ma super idée. C'est une solution qui a fait ses preuves avec des résultats attestés et qui montre qu'avec la somme d'argent appropriée et surtout avec une organisation et une gestion correctes, il devient possible de réaliser des choses qui semblent impossibles. Bienvenus à la classe d'anatomie pour le financement des cellules souches.

Avant que je ne me lance à écrire l'histoire complète du projet de la bombe atomique, laissez-moi vous dire que ce n'est pas mon objectif. À la fin de ce post, je vous donnerai de très bons liens si cela vous intéresse. Ce que je vais faire c'est vous exposer les principales similarités et différences. Vous pourrez ensuite juger si une organisation adéquate peut faire passer les cellules souches de l'état de recherche à celle de traitement.

Ni les cellules souches, ni les bombes atomiques ne sont des chimères :
Nous ne pouvons pas éviter les maladies, pas plus qu'ils ne peuvent nier la création d'une bombe atomique. De l'argent sans la science n'aboutira à rien. Quand les États-Unis, l'Union Soviétique, la Grande-Bretagne, l'Allemagne et le Japon se sont intéressés à la bombe atomique, il y avait déjà beaucoup de données scientifiques derrière cette idée et les gouvernements de ces quatre pays ont investi beaucoup de ressources pour essayer de convertir la science en bombe atomique. La Grande-Bretagne attaquée par l'Allemagne n'était pas en mesure de la développer et a envoyé, très tôt, leurs importantes idées atomiques aux États-Unis dans une lettre du comité MAUD. L'Allemagne nazie comptant avec certains des meilleurs cerveaux scientifiques du monde et l'industrie chimique la plus développée ne pouvait plus le faire après que la plupart de ses esprits d'élite sont devenus des réfugiés des nazis. En 1943, le Japon souffrait déjà de pénuries qui rendaient leur projet de bombe atomique secondaire à côté d'efforts de guerre plus pragmatiques. Ce furent les États-Unis, puissance économique et industrielle protégée de la guerre par deux océans, aidés par les gouvernements britannique et canadien qui construisirent la bombe. 

Tout comme aujourd'hui avec les cellules souches, beaucoup de la science pour la bombe atomique était là, mais dans différents endroits. Jusqu'au financement du Projet Manhattan par Roosevelt en 1941, la plus grande partie de la recherche était menée par le gouvernement (depuis 1939) et des fondations privées finançaient la recherche dans des universités (tout comme pour les cellules souches aujourd'hui) dans tous les États-Unis. Le Projet Manhattan a finalement regroupé les chercheurs et les recherches essentiels pour les installer dans quatre endroits principaux. Quatre ans plus tard, deux bombes atomiques était larguées sur le Japon.

La recherche sur les cellules souches est peut-être déjà beaucoup plus avancée que celle sur la bombe atomique en 1941. En 1939, Enrico Fermi, physicien italien réputé pour son travail de développement du premier réacteur nucléaire, a déclaré "qu'il est peu probable qu'une bombe atomique existe, rien ne nous dit que nous ne poursuivons pas une chimère." Si l'on compare cela à la déclaration de Hans Keirstead, éminent chercheur sur les cellules souches, dans laquelle il a dit que les cellules souches pour les blessures sur la moelle épinière ne sont pas une question de si, mais de quand en dénonçant toutefois un manque de fonds, on ne peut que constater qu'un genre de Projet Manhattan appliqué aux cellules souches permettrait de faire passer les thérapies de cellules souches des laboratoires aux hôpitaux, encore plus rapidement que la création de la bombe atomique.

Quand le Projet Manhattan a été créé en 1941, il restait beaucoup de chemin à faire et beaucoup de questions sans réponse. Se posait notamment le problème de la séparation de l'isotope (séparer le bon uranium du mauvais), et celui du choix de la meilleure méthode parmi les trois principales étudiées. Il fallait ensuite savoir si le matériel fissible pour la réaction en chaîne devait être de l'uranium ou du plutonium, si cela serait une bombe à fission ou à fusion. Ces problèmes ont tous été résolus parce que tous les principaux acteurs agissaient ensemble et coopéraient.

On entend toujours parler de comment l'organisation, ou encore pire, l'organisation du gouvernement étoufferait la recherche et l'innovation, mais en fait, ce n'est pas vrai. Beaucoup de recherches et d'innovations diverses sur les cellules souches sont en cours mais ce dont nous avons besoin est une solution pour amener le meilleur de la recherche du laboratoire au lit d'hôpital et cela veut dire accélérer le processus. Comme avec la bombe atomique, l'implication du gouvernement, en fait le contrôle du gouvernement, a permis de s'assurer que les scientifiques choisissaient les meilleures méthodes pour concevoir la bombe ; ils ne pouvaient pas simplement débattre de la meilleure méthode. Ils avaient le pistolet sur la tempe, parce que...

Il y avait/a la guerre :
La principale motivation des États-Unis pour entreprendre les recherches sur la bombe atomique était la peur que les Nazis la fassent avant eux. Einstein a écrit à Roosevelt, le président américain, un peu moins d'un mois avant l'invasion de la Pologne par les Nazis, en lui faisant part de son inquiétude que l'Allemagne était sur la voie d'obtenir une bombe. Même si elle n'était pas encore entrée en guerre, Roosevelt savait très bien que dans un futur proche, l'Amérique ne pourrait pas restée neutre et devrait gérer ce problème d'un ennemi futur possédant l'arme la plus puissante du monde. Je suis sûr que c'est une bonne motivation.

Sans compter les maladies qui pourraient être SOIGNÉES par les thérapies par cellules souches en plus des blessures de la moelle épinière, le nombre de personnes handicapées à cause de cette condition (450 000 aux États-Unis) dépasse celui des personnes américaines mortes pendant la deuxième guerre mondiale. Deux cent mille de plus que les 250 000 vies américaines qui pourraient avoir été perdues, selon certains, si l'Amérique avait envahi le Japon plutôt que de larguer la bombe atomique. Plus de cent fois le nombre de morts américains pendant la guerre en Irak. Ces chiffres ne cherchent pas à diminuer la valeur de ceux qui sont morts pendant les guerres. Au contraire, cela donne tout son sens au combat pour les vies que les TRAITEMENTS par cellules souches pourraient sauver. Nous sommes dans une situation de guerre maintenant. Quand il n'y avait aucune possibilité de remède, la guerre était perdue ; maintenant nous avons une chance de gagner.

Le monde des affaires ne devrait pas plus avoir une bombe atomique que les cellules souches.
Des entreprises privées ne devraient avoir aucun contrôle sur qui a droit aux traitements par cellules souches, ni par des prix trop élevés ni par des contrôles de brevets. Il ne s'agit pas d'un nouveau sirop pour la toux. Ces traitements changeront fondamentalement la société, tout comme cela a été le cas pour la puissance atomique, et le titulaire du brevet ne devrait pas décider qui peut se soigner. 

Bizarrement, il existe aussi des problèmes de brevet pour la bombe atomique. Leo Szilard, physicien hongrois, disposait du brevet pour la réaction en chaîne nucléaire. Justement ou injustement, cela a été simplement ignoré puisqu'on ne peut rien imposer au gouvernement. Il aurait fallu un non-conformiste, comme l'est souvent décrit Szilard, pour mettre en place cette idée mais, à la fin, Szilard n'a pas pu réunir des fonds pour ce projet. Szilard n'a pas fait la bombe atomique, c'est le gouvernement des États-Unis qui l'a fait.

Les malades ne seront pas à la merci d'entreprises privées qui décideront, puisqu'ils auront le brevet, si une nouvelle thérapie par cellules souches entrera sur le "marché". Est-il possible qu'un médicament pouvant sauver des vies ne soit PAS mis sur le marché par des détenteurs de brevet privés. Voyez par vous-mêmes.
Tamiflu et autres (vous trouverez aussi des suggestions de fonds alternatifs)

La bombe existe, les traitements par cellules souches non :
Quatre ans après la mise en place du Projet Manhattan, dirigé par le gouvernement des États-Unis, la bombe atomique était née.

Où en sommes-nous dans la recherche sur les cellules souches et combien de temps reste-t-il avant d'arriver à un remède ? Même lorsque de nouveaux remèdes semblent exister (voir "Des nouvelles si bonnes que cela vous rendra malade"), ils sont loin d'être couramment utilisés.

Je vais attendre maintenant que quelqu'un me contredise et me prouve que laisser la recherche sur les cellules souches dans des mains privées permettrait d'obtenir des remèdes pour toute la population.

lundi 21 mars 2011

Gaspillage

From 31 July 2010 StemCells&AtomBombs: Wasted

"L'échec du gouvernement de jouer un rôle central de planification et de coordination constitue la principale raison pour laquelle les thérapies par cellules souches n'ont pas abouti à un remède pour les maladies et cet échec va vous coûter cher maintenant et dans le futur."

Je commence aujourd'hui avec une citation audacieuse. Faire une simple déclaration comme cela sans aucune explication est le meilleur moyen de passer pour un fou. Mais asseyez-vous avec quelqu'un à la table de sa cuisine et discutez du pourquoi et vous comprendrez beaucoup mieux et peut-être vous révolterez-vous un peu. Alors aujourd'hui, prenez une chaise, sortez les tasses et servez le café. Parlons de l'échec dans la guérison des maladies.

Commençons par un petit éclaircissement. Le but du post d'aujourd'hui n'est pas de critiquer les entreprises de recherche sur les cellules souches qui privilégient les profits au détriment d'un traitement. Cela reviendrait à reprocher au chat de manger des souris. Mais je vais être clair, les profits interfèrent dans la recherche d'un traitement. Regardons les choses en face : l'entreprise qui réussira à soigner les blessures de la moelle épinière ou le diabète fera d'énormes profits, il n'y a donc aucune raison pour elle de partager les résultats de ses recherches. Cela aboutit à la multiplication par trois, par quatre ou par quatre cent des entreprises réalisant la même recherche parce qu'il n'y a aucun intérêt pour des entreprises privées de coordonner ou de partager leur travail. C'est un gaspillage, non seulement d'argent, mais aussi de ressources humaines et de potentiel humain.

Je vais donner un exemple clair pour que les gens ne pensent pas que j'invente tout cela. Associated Press rapportait le 11 juin 2010 que, "dans une démarche peu commune, une douzaine d'entreprises pharmaceutiques concurrentes se sont mises d'accord pour partager des données sur des milliers de patients atteints de la maladie d'Alzheimer dans l'espoir que ces informations supplémentaires amèneraient de nouvelles idées de traitements... C'est ce genre de collaboration qui représente un changement capital pour accélérer le développement des médicaments... Elle a été menée par le Critical Path Institute, un partenariat sans but lucratif avec la FDA (Food and Drug Administration) qui vise à encourager la découverte de nouveaux traitements."

Maintenant regardons les trois mots les plus importants dans cet article, ils apparaissent en gras.

Peu commune : Ce n'est pas quelque chose qui arrive de manière régulière avec les entreprises de recherche médicale, d'où l'utilisation de l'expression "peu commune". Ce n'est pas non plus la norme dans la recherche sur les cellules souches. Alors comment est-ce arrivé ? C'est arrivé parce que les efforts passés des entreprises privées ont échoués. Je ne dis pas que les entreprises ont échoué, c'est l'Associated Press qui le dit.

Accélérer : Hâter. Presser. Cela arrive parce que, quand vous collaborez, vous partagez des données mais ne dépensez pas d'argent (dans la plupart des cas l'argent des taxes) en répétant les mêmes expériences infructueuses. Encore une fois, je ne dis pas qu'une collaboration permet d'accélérer la recherche, c'est la FDA des États-Unis qui le dit.

Sans but lucratif : Sans profit. Bien sûr il faut que cela soit sans but lucratif. Quand on ajoute les profits à l'équation, personne ne coopère. Ce n'est pas parce que les profits sont intrinsèquement mauvais, mais ils n'incitent pas à la coopération. Le genre de coopération à laquelle les entreprises privées sont maintenant forcées d'adhérer après des années d'échecs dus à un manque de coopération.

A part constituer un gaspillage de ressources humaines, cela ne serait pas grave si seulement c'était leur propre argent qu'ils utilisaient pour financer la recherche mais ce ne l'est PAS. Les gouvernements partout dans le monde utilisent votre argent pour financer les fonds privés dont le but est de faire des profits tout en essayant de développer les thérapies par cellules souches. Cela ne me parait pas un projet très libre.

Prenons par exemple le fond de trois milliards de dollars de California Stem Cell. Maintenant, avant que je ne reçoive des commentaires me disant que ce fond contredit ma logique selon laquelle le gouvernement ne joue pas un rôle assez grand, laissez-moi expliquer trois choses. De bonnes choses sortent de ce fond ET c'est un cauchemar bureaucratique ET une utilisation inefficace de l'argent des taxes parce qu'il n'y a pas assez d'argent ce qui entraîne un réel gaspillage (essayez d'acheter une bouteille de soda à un dollar et vous comprendrez de quoi je parle. Le vendeur va prendre votre pièce si vous insistez mais il ne vous donnera pas le soda).

Maintenant laissez-moi vous dire pourquoi cela n'est pas assez. Ce n'est pas assez parce que ce n'est QUE trois milliards de dollars et que, même après six ans, le fond n'en a utilisé qu'un pour le financement. Oui, SEULEMENT un milliard (il est prévu qu'il faudra sept ans de plus pour distribuer les deux restant). 

Pour que vous puissiez voir combien un petit milliard de dollars est peu, je vais vous donner un fait très intéressant.

Escarres de décubitus. Les gens souffrant de blessures de la moelle épinière les attrapent. Elles ne sont pas seulement inconfortables mais aussi dangereuses. Le coût pour traiter ce simple problème secondaire conséquence des blessures de la moelle épinière est de 1,2 milliard de dollars par an, rien qu'aux États-Unis. Voilà pourquoi un milliard de dollars c'est peu en ce qui concerne les financements pour les cellules souches.

Rappelez-vous que les blessures de la moelle épinière sont seulement un des problèmes de santé qui pourraient potentiellement être soignés avec des thérapies par cellules souches, mais il existe près de soixante-dix autres conditions dans ce cas. Ajoutez les coûts pour traiter ces maladies et vous verrez qu'un REMÈDE est beaucoup, beaucoup moins cher que les soins. L'échec de réunir un financement approprié pour la recherche sur les cellules souches n'est pas gratuit, cela vous coûte déjà de l'argent et continuera à vous en coûter dans l'avenir.

De plus, la bureaucratie a besoin de beaucoup d'argent pour contrôler le financement : le fond California va dépenser à lui seul 1,25 million de dollars (sans les coûts de personnel) pour créer un programme informatique servant à contrôler et suivre les requêtes de financement (c'est de l'argent en moins pour la vraie recherche sur les cellules souches et du temps perdu). Pour résumer, vous avez tout un tas d'installations de recherche privées et publiques (encore une fois, votre argent sert à financer des profits privés) et elles font des requêtes. Ces requêtes ont besoin d'être vérifiées et revérifiées. C'est une des principales raisons pour lesquelles il faudra treize ans pour dépenser les trois milliards de dollars de subventions que l'on a désespérément besoin maintenant.

Et la Californie n'est pas le seul endroit où cela se passe. Le Maryland, le New Jersey, et New York, ainsi que le gouvernement fédéral des États-Unis ont tous leurs fonds propres avec leur propre bureaucratie pour l'administrer. Multipliez cela par les cinq ou six pays les mieux placés dans la recherche sur les cellules souches et vous obtenez un GASPILLAGE MASSIF ! C'est de l'argent utilisé simplement pour administrer l'argent de la recherche sur les cellules souches. De l'argent qui ne permettra pas de créer de nouveaux yeux ni de soigner la sclérose en plaques.

Nous devons applaudir la Californie et les autres états américains pour leur courage dans le financement des cellules souches alors que l'administration Bush refusait les financements, et, pour le bien de tous, nous devons critiquer l'inefficacité de la méthode et le gaspillage qui est fait.

Cependant, je peux critiquer autant que je le veux, mais si je ne commence pas à offrir quelques alternatives, on va me traiter de vrai fou. Cependant, le blog d'aujourd'hui est déjà beaucoup trop long, alors je vais vous laisser faire une pause et je m'inviterai à prendre un café pour le prochain post concernant une alternative efficace pour financer, gérer et organiser la recherche sur les cellules souches.

P.S. : Juste un petit exercice marrant. J'ai trouvé les informations sur l'Alzheimer en utilisant une alimentation en nouvelles, mais je reçois et consulte beaucoup d'articles chaque jour. Puisque je voulais utiliser ces informations pour le post d'aujourd'hui mais que je n'arrivais pas à me rappeler le nom de l'article, j'ai fait une simple recherche pour essayer de le trouver de nouveau. Essayez.
1. Google : "alzheimer's companies share research", vous trouverez l'histoire dont j'ai mis le lien avec beaucoup d'autres.
2. Google : "stem cell companies share research". J'espérais trouver des articles similaires à celui sur l'Alzheimer avec des entreprises partageant leurs informations. D'abord, je n'ai pas compris les résultats de la recherche car sont apparus beaucoup d'articles financiers en rapport avec les cellules souches. A vous de trouver pourquoi. Cela donne un autre sens à "share and share alike (partager et actions, même combat".

samedi 12 mars 2011

Voilà qui est cher

From 25 July 2010 StemCells&AtomBombs:That's expensive.

J'essaie une nouvelle chaise roulante. En fait, j'ai essayé des tas de chaises roulantes. Les gens pensent sûrement que c'est ma nouvelle marotte.

150,000 yens = 1400€

Quand j'ai testé ma première chaise roulante non-hospitalière, ma famille et mes amis étaient vraiment impressionnés par son look sportif. Mais au bout de la cinquième, je suis sûr qu'ils se disaient, "Quelle différence avec la première, la deuxième, la quatrième ?" Ma foi, quand vous êtes obligé d'y être assis du matin au soir, vous voulez une chaise parfaite, parce que vous allez y être assis tout... le... temps. Jusqu'au jour où j'ai découvert la chaise qui permet d'être debout.

Ceux d'entre vous familiers avec le monde des lésions de la colonne vertébrale connaissent peut-être déjà, mais pour ceux qui ne savent pas, voyez ces quelques liens : Levo Standing Wheelchair, Hero Standing Wheelchair, et si vous faites une recherche Google "standing wheelchair", vous en verrez d'autres.

450,000 yens = 4100€

Etre debout, au-delà du fait d'être cool, présente de nombreux avantages au niveau santé, comme celui d'enrayer les pertes musculaires ou d'améliorer le fonctionnement des reins et de la vessie. Ce coup-ci, personne n'a eu l'air de s'ennuyer en la voyant. J'ai eu beaucoup de commentaires positifs, mais celui qui m'a le plus marqué est : "ça doit être cher."

"Eh bien oui, bien sûr c'est cher. C'est de la haute technologie," ai-je répondu, "et elle me permet de me lever." Et effectivement, c'est cher, environ 450 000 yens (dans les 4100€), elle me permet effectivement d'être debout, mais je dois dire que je n'étais pas très convaincu de ma propre réponse. Par conséquent, comme j'ai beaucoup de temps, j'en ai pris un peu pour réfléchir à propos de cette nouvelle chaise.

Vous avez tous déjà vu une chaise roulante, alors soyons réalistes ; même avec toutes les options, armes et bagages, la structure n'est pas plus high-tech qu'un vélo, et personne n'a envie de débourser plus de 4000€ pour un vélo. Le mécanisme de levage "high tech" est un système hydraulique (et ils existent depuis des siècles).

Bien entendu, nous connaissons tous la réponse à cette question du point de vue économie de base. Chaque unité coûte cher, car le volume des ventes est faible. Réponse numéro 1, correcte !

La réponse numéro 2 est plus complexe. Nous connaissons aussi une autre soi-disant théorie des prix, la théorie dite de "ce-que-le-marché-peut-supporter", mais 4100€, est-ce vraiment "ce-que-le-marché-peut-supporter" ? Pour les chaises roulantes, il semble que cela soit "ce-que-les-assureurs-peuvent-tolérer". Dans de nombreux cas, les sociétés d'assurance, privées ou publiques, aident à payer les coûts extrêmement élevés de ces engins low-tech, et donc ces prix gonflés sont finalement compensés par les cotisations des assurés qui n'utilisent pas de chaises roulantes.

Dans les cas où les sociétés d'assurance privées ou publiques ne prennent pas en charge la chaise, le système de prix de "ce-que-le-marché-peut-supporter" s'écroule complètement : avec un taux de chômage de 63% (aux Etats-Unis), les non-assurés ne peuvent pas se permettre de débourser une telle somme, ce qui réduit encore le marché et augmente encore les prix.

Cependant, ce blog est à propos des cellules-souches, pas des chaises roulantes. Avant de me faire rappeler à l'ordre pour avoir changé le sujet du blog, je souhaiterais examiner le cas de la société française ACME Gastronomie, pour une rapide leçon d'économie.

John Q demanda à ACME de mettre au point une nouvelle création gastronomique. Il tenait tellement à satisfaire son besoin qu'il accepta non seulement de payer le coût de tous les ingrédients qui seraient nécessaires à la création de ce nouveau plat (qu'ils soient utilisés ou non dans la création finale) mais également de payer la formation de tous les cuisiniers et autres employés d'ACME. Encore plus important, c'est John Q qui fournit à la société l'argent pour embaucher des chefs renommés (et moins renommés).

De nombreuses années plus tard, ACME finit sa création, et John Q était prêt à manger. Quand il avait entendu que le plat commandé était presque terminé, il s'était lui-même affamé afin de profiter au maximum de ce délice. Finalement, il se mit à table, sur son 31. Le président d'ACME viendrait lui servir le plat en personne, dans la porcelaine la plus fine, à déguster avec des couverts en argent incrustés de diamants. Alors que le président s'approcha, porteur d'un plateau d'argent, John Q trépignait d'impatience...

Mais la suite lui coupa le souffle. Quand le président souleva le couvercle du plateau, et que John put en voir le contenu, il vit que tout ce qu'on lui présentait, c'était une note faramineuse. Il savait bien qu'il devrait payer quelque chose, mais après avoir financé tout le projet, il se dit que ça ne pouvait pas être aussi cher ! Il ne pouvait pas débourser autant, and quand il protesta à propos de la note, la réponse le stupéfia. 

Le président d'ACME l'informa que puisqu'il avait lui-même pris le risque de commander ce plat extravagant, le prix était plus que raisonnable. 

John répliqua, "J'ai déjà payé tout ça. C'est grâce à moi que vous aviez un emploi et un salaire, toutes les années avant que vous ne produisiez ce plat." John fut assommé par la réponse du président d'ACME : ce dernier partit, tout simplement. John se retrouva tout seul, l'estomac vide et les poches encore plus vides.

Maintenant, un petit sondage. Combien d'entre vous pensent que John a été escroqué ?

Peut-être qu'il est inutile de poursuivre jusqu'à la recherche sur les cellules souches, dans l'article d'aujourd'hui. Je ne voudrais pas assommer quelqu'un.